Le 1er septembre, une trajectoire s’est brutalement croisée avec celle du destin. Singleton, star des scènes guinéennes, s’est retrouvé derrière les barreaux, inculpé pour homicide involontaire après un accident de la route qui a coûté la vie à un septuagénaire. L’artiste, habitué aux projecteurs et aux foules, découvre désormais l’ombre glaciale d’une cellule à Coyah, en attendant son procès.
Au-delà du drame humain, c’est une page sombre qui s’ouvre pour l’opinion publique. Car la loi est claire : les articles 216 et 217 du Code pénal guinéen prévoient des peines sévères pour les conducteurs impliqués dans un homicide involontaire. Dans le cas de Singleton, la justice pourrait aller jusqu’à dix ans de prison et quinze millions de francs guinéens d’amende si des circonstances aggravantes venaient à être retenues.
Mais la question va bien au-delà d’un artiste pris dans la tourmente. Elle met en lumière la responsabilité citoyenne sur nos routes, où la négligence et l’excès de vitesse deviennent trop souvent des armes fatales. La célébrité n’exonère en rien de la rigueur de la loi. Si Singleton doit répondre de ses actes, c’est aussi parce que la Guinée ne peut plus se permettre que les routes continuent d’ensanglanter des familles dans une indifférence quasi générale.
Le procès qui s’ouvre ne sera pas seulement celui d’un chanteur adulé : il sera aussi celui d’une société appelée à choisir entre l’émotion suscitée par une star et le respect sacré de la vie humaine. Singleton, hier idole de la jeunesse, se retrouve aujourd’hui symbole d’un rappel à l’ordre. La gloire, face à la justice, ne pèse jamais bien lourd.
A Amadou Diallo






































