Alors que la Guinée s’apprête à tourner la page de la transition, une nouvelle coalition, l’Alliance des Forces pour la Démocratie et le Développement (AFDD), vient d’émerger. Entre stratégie électorale et quête de visibilité, cette union soulève autant d’espoirs que d’interrogations.
Conakry, 20 octobre 2025 — Dans un paysage politique en pleine recomposition, la création de l’AFDD marque une tentative de redéfinition des rapports de force à l’approche de la présidentielle du 28 décembre prochain. Portée par plusieurs partis et mouvements politiques, cette alliance entend fédérer les énergies dispersées et replacer le débat démocratique au centre du jeu politique.
Ses initiateurs affirment vouloir mutualiser les moyens et les intelligences pour conquérir l’électorat, lassé des promesses non tenues et du balancement entre transition et instabilité. Une ambition louable, mais qui arrive dans un contexte où la confiance du peuple envers la classe politique reste fragile.
Entre lassitude citoyenne et calculs partisans
Depuis la prise du pouvoir par le CNRD le 5 septembre 2021, la Guinée navigue entre espoir et incertitude. L’adoption de la nouvelle Constitution, à la suite du référendum du 21 septembre 2025, a certes ouvert la voie au retour à l’ordre constitutionnel. Mais le scepticisme demeure sur la capacité de la future élection à traduire une véritable alternance démocratique.
C’est dans ce climat que l’AFDD s’avance, avec la promesse de présenter un candidat « fort, porteur d’ambitions et de projets viables pour le développement de la Guinée ». Les leaders de la coalition annoncent déjà une réunion stratégique pour définir la ligne à suivre : candidature unique ou approche diversifiée selon les réalités électorales.
Unité d’action ou union de circonstance ?
Sur le papier, le projet paraît séduisant. Mais dans les faits, l’histoire politique guinéenne regorge d’alliances éphémères, nées dans l’enthousiasme et mortes dans les querelles d’ego. La véritable épreuve de l’AFDD sera donc sa capacité à dépasser les logiques partisanes, à proposer une vision commune et à incarner une alternative crédible face aux grandes formations traditionnelles.
En rappelant leur « détermination à contribuer positivement à la vie démocratique du pays », les leaders de l’alliance envoient un message d’apaisement et de responsabilité. Reste à savoir si cette déclaration d’intention se traduira, cette fois-ci, par des actes concrets.
Car à quelques semaines d’un scrutin décisif, la Guinée n’a plus besoin de coalitions de façade. Elle a besoin d’un véritable projet de société, porté par des hommes et des femmes capables de rompre avec le cycle des alliances électorales sans lendemain.
Fatimatou Diallo




































