Édito :
Ce jeudi 15 mai, l’arrestation du Dr Sékou Condé, secrétaire permanent du RPG Arc-en-ciel, a ravivé les inquiétudes autour des libertés politiques sous la transition. Alors qu’au siège du parti se tenait une réunion en réponse à une tentative de récupération frauduleuse des symboles du RPG, les forces de l’ordre ont fait irruption, interrompant brutalement le rassemblement. Le Dr Condé a été interpellé, conduit vers une destination inconnue, puis localisé plus tard en garde à vue au commissariat central de Gbessia. Il y a passé la nuit sans qu’aucune explication officielle ne soit fournie.
Ce coup de force, survenu dans un cadre pourtant pacifique et structuré, envoie un signal troublant. Que cherche réellement la junte en procédant à ce type d’intimidation ? La scène aurait pu virer au drame, comme le souligne Marc Yombouno, ancien ministre et cadre du parti : femmes, jeunes militants, cadres politiques… tous présents au siège au moment de l’intervention. Faut-il désormais craindre de tenir une simple réunion politique en Guinée ?
Le RPG Arc-en-ciel, en dépit de ses zones d’ombre liées à son passé au pouvoir, reste un acteur majeur de la vie politique nationale. Tenter de l’affaiblir par des méthodes d’intimidation est non seulement contre-productif, mais surtout dangereux pour l’équilibre fragile de la transition. La promesse du CNRD était claire : justice, réconciliation, liberté d’expression. Or, multiplier les arrestations arbitraires éloigne le pays de ces objectifs.
L’appel à l’apaisement lancé par M. Yombouno est à saluer. Mais il ne saurait masquer la réalité d’un climat qui se crispe à mesure que les échéances politiques approchent. La transition ne peut réussir dans la peur. Le dialogue et le respect des droits fondamentaux doivent primer. À la junte de démontrer qu’elle ne redoute pas la pluralité des voix, et surtout, qu’elle n’a pas peur de la démocratie.
La Guinée mérite mieux qu’un retour aux pratiques de musellement.
Moussa Aziz Camara




































