Il y a des voix qui traversent le temps comme des repères. Des voix qui racontent le sport sans jamais le réduire à un simple score, mais en en faisant un fait de société, un miroir de l’histoire et parfois même une leçon de vie. Amadou Djouldé Diallo est de celles-là. Quarante ans de journalisme, quatorze Coupes d’Afrique des Nations couvertes, et une constance rare : celle de la rigueur, de l’élégance intellectuelle et de la passion jamais feinte.
Depuis 1981, année de ses débuts à la Radio Télévision Guinéenne après sa sortie de l’Université de Conakry, Amadou Djouldé Diallo n’a jamais quitté le terrain de l’exigence. Très tôt, sa plume et sa voix se distinguent. Ses analyses ne crient pas, elles éclairent. Ses commentaires ne s’emportent pas, ils contextualisent. À la RTG, il devient rapidement une référence, puis un pilier : chef du service des Sports, avant d’apporter son savoir-faire au ministère de la Jeunesse et des Sports comme attaché de presse, puis à la Fédération guinéenne de football en qualité de directeur de la Communication.
Mais le talent d’Amadou Djouldé Diallo ne pouvait rester confiné aux frontières nationales. Naturellement, il s’impose comme correspondant de grands médias internationaux : RFI, Africa N°1, la BBC, Deutsche Welle. Partout, il porte la même signature : précision, profondeur, crédibilité. À Kamsar, à la radio de la Compagnie des Bauxites de Guinée, il confirme qu’il est avant tout un passeur de sens, capable de parler du sport aux travailleurs comme aux décideurs, sans jamais trahir l’essence du métier.
Fondateur de publications comme Sander Sports ou Elbipa, Culture, Sports et Histoire, créateur du site Fatima Communication, Amadou Djouldé Diallo est aussi un bâtisseur. En prenant la tête de l’Association nationale de la presse sportive de Guinée en 2004, puis en accédant à la vice-présidence de l’AIPS Afrique pendant près de deux décennies, il contribue à structurer, professionnaliser et crédibiliser la presse sportive bien au-delà de la Guinée. Son passage à la Commission Médias de la CAF parachève cette reconnaissance continentale.
Quatorze CAN, de 1992 à 2023. Peu peuvent s’en prévaloir. Lui les a racontées comme on écrit une chronique de l’Afrique : avec ses exploits, ses désillusions, ses héros et ses rendez-vous manqués. Chaque compétition devient, sous sa plume, un chapitre de plus dans l’histoire du football africain.
Et puis il y a l’autre Amadou Djouldé Diallo. L’historien, passionné du Fouta Djallon, conférencier recherché, homme de culture à la parole posée. Dans les ziara comme dans les débats publics, il parle pour apaiser, rappeler, relier. On l’écoute parce qu’il sait. On le respecte parce qu’il ne triche pas. Surnommé affectueusement « le Doyen », il porte ce titre sans ostentation, avec cette humilité qui caractérise les grands esprits.
Polyglotte, fin sociologue, il a su inventer un genre à part : l’hommage posthume. Sous sa plume, les disparus ne sont pas seulement pleurés, ils sont racontés, transmis, inscrits dans la mémoire collective. Son récent hommage à N’faly Sangaré en est une illustration bouleversante : une fresque où l’émotion se mêle à la précision historique.
Indépendant d’esprit, fidèle à ses convictions, Amadou Djouldé Diallo n’a jamais courbé l’échine pour plaire. Cette droiture lui a parfois coûté, mais elle lui vaut aujourd’hui un respect unanime. Fils de Télimélé, il est devenu l’une des consciences intellectuelles les plus écoutées de Guinée, un homme dont la parole rassemble plus qu’elle ne divise.
C’est donc justice que l’Union des Journalistes Sportifs Africains s’apprête à lui rendre, en l’honorant lors de la 2ᵉ édition des AIPS/AFRIQUE AWARDS, ce 18 janvier 2026 à Rabat-Salé, au siège de la FIFA. En célébrant Amadou Djouldé Diallo, ce n’est pas seulement une carrière que l’Afrique salue, mais une certaine idée du journalisme : exigeante, cultivée, profondément humaine.
Amadou Diallo Avec Guinéematin.com






































