À Conakry, le bitume est devenu un message politique. Ce mercredi 14 janvier 2026, le directeur général de l’Agence de gestion des routes (AGEROUTE), Moïse Sidibé, a arpenté plusieurs chantiers de la capitale pour jauger, sur le terrain, l’état d’avancement d’une refondation routière que les autorités veulent visible, rapide et durable.
À Nongo, autour du stade Général Lansana Conté, le décor a changé. Les engins tournent, les équipes s’activent, le chantier avance à un rythme soutenu. Sur la bretelle reliant le carrefour FIM FM au marché de Kiroty, l’entreprise GPC travaille jour et nuit. Un tronçon de 700 mètres linéaires, large de huit mètres, presque achevé. « Nous sommes à plus de 80 % d’exécution et cette section sera terminée d’ici midi », annonce le directeur général de GPC Group, confiant.
Mais au-delà des chiffres, le discours se veut pédagogique. L’entreprise rappelle que la durabilité des routes dépend aussi des usagers. « Les ordures dans les caniveaux favorisent la remontée des eaux sur la chaussée. Quelle que soit la qualité de la route, c’est un problème », prévient Aly Kaba, invitant les riverains à considérer ces travaux comme un « cadeau » collectif à préserver.
À Cosa, le carrefour se transforme lui aussi. Entre l’Eco 18 et la plaque Cellcom, sur la bretelle menant à Petit Simbaya, le resurfaçage redessine l’espace urbain. IC Transport, en charge des travaux, promet qualité et respect des délais. « Nous faisons en sorte que les usagers soient plus à l’aise sur la route », résume son directeur technique, Soumah.
Partout, le même message : le chantier ne se limite pas à colmater des nids-de-poule, il s’inscrit dans une vision. Moïse Sidibé le martèle : l’AGEROUTE, en tant que maître d’ouvrage délégué aux côtés du ministère des Infrastructures et des Travaux publics, est engagée dans un élan de restauration globale. Voiries primaires, secondaires et tertiaires sont concernées, à Conakry comme à l’intérieur du pays. Objectif affiché : offrir des routes praticables, sûres et confortables à une population longtemps habituée à l’improvisation.
La nouveauté, cependant, se joue aussi dans la méthode. L’AGEROUTE mise désormais sur des contrats de gestion axés sur le niveau de service. Les entreprises ayant réalisé les routes en assureront la maintenance sur des périodes allant de deux à cinq ans. Une manière de rompre avec le cycle infernal des routes neuves rapidement dégradées. « Les entreprises resteront sur le terrain et travailleront en symbiose avec nos agents pour éviter toute détérioration après les travaux », assure le directeur général.
À Gbessia, sur l’autoroute Fidèle Castro, comme sur l’axe Hamdallaye–Belle-vue, le marquage au sol progresse, améliorant la lisibilité et la sécurité de la circulation, notamment aux abords de l’aéroport international Ahmed Sékou Touré.
Reste une interrogation de fond : cette dynamique tiendra-t-elle dans le temps ? À Conakry, où chaque saison des pluies met les routes à l’épreuve, la durabilité sera le véritable juge de paix. Pour l’heure, l’État avance ses pions. Et sur l’asphalte encore chaud, il espère inscrire la preuve tangible d’une action publique en mouvement.
Amadou Diallo





































