Encore une alerte. Une de plus. Et pourtant, rien ne change. Ce mardi 5 août 2025, l’Agence nationale de la météorologie (ANM) a tiré la sonnette d’alarme : des pluies orageuses d’intensité variable, avec des vents violents, s’abattront sur la Basse Guinée, en particulier sur Conakry, dans les prochaines 24 heures. Le risque d’inondation est qualifié de « très élevé ».
À première vue, rien de nouveau sous les nuages. Chaque saison des pluies apporte son lot de prévisions alarmantes, de dégâts considérables, de victimes –18 morts déjà cette année, selon l’Agence nationale de gestion des urgences (ANGUCH) — et de promesses officielles vite évaporées. Le constat est tragiquement récurrent : la capitale guinéenne reste vulnérable, exposée et désarmée face aux assauts d’une nature que l’on refuse de prendre au sérieux.
Les inondations ne sont plus des catastrophes naturelles. Elles sont devenues les conséquences prévisibles de notre imprévoyance collective, de l’urbanisation anarchique, de l’inaction politique et du mépris persistant pour les alertes scientifiques. À chaque bulletin de l’ANM, c’est la même rengaine : vigilance, prudence, précaution. Mais sur le terrain, peu de réponses concrètes.
Face à cette nouvelle menace, il ne s’agit plus seulement de scruter le ciel. Il faut interroger les politiques publiques, la gestion urbaine, les systèmes de drainage défaillants, l’absence de prévention, et cette désinvolture institutionnelle face à l’urgence climatique.
Conakry suffoque, Conakry s’engloutit, Conakry attend. Jusqu’à quand ?
Alpha Amadou Diallo






































