À Conakry, le ton était grave lors de la récente rencontre entre le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD) et les acteurs de l’éducation civique. Face à un auditoire attentif, le général à la retraite Ibrahima Kalil Condé a dressé un tableau sans complaisance de l’état de l’administration guinéenne.
Dans un discours empreint de franchise, le ministre a dénoncé ce qu’il appelle une « perte de repères » au sein de la fonction publique, marquée selon lui par des pratiques qui minent la confiance des citoyens envers l’État.
« Même dans l’administration publique, certains comportements traduisent une perte de repères : le non-respect des usagers, la corruption, la personnalisation du service public ou encore l’usage abusif des biens de l’État à des fins personnelles », a-t-il fustigé.
Le constat est sans appel. Pour Ibrahima Kalil Condé, ces dérives ne sont pas de simples écarts de conduite, mais de véritables menaces pour la cohésion nationale.
« Ces pratiques sapent la confiance entre l’État et les citoyens, affaiblissent le sentiment d’appartenance nationale et menacent les fondements mêmes de notre cohésion sociale », a-t-il averti, visiblement préoccupé.
Le ministre n’a pas manqué de rappeler que le civisme et la responsabilité individuelle doivent redevenir les piliers de la vie publique. Il a insisté sur la nécessité d’un sursaut collectif, notamment au sein des institutions et des collectivités locales, où les comportements contraires à l’éthique demeurent trop fréquents.
Malgré ce constat alarmant, le général à la retraite veut croire à une réforme en marche. Il affirme que les autorités de la Transition poursuivent leurs efforts pour restaurer la discipline, l’intégrité et le respect du bien public.
« La République de Guinée vous tend la main. Ensemble, faisons de la citoyenneté une force partagée, un devoir commun et un levier du développement durable », a-t-il lancé, dans un appel à la mobilisation nationale.
Le ministre a également salué la confiance renouvelée des partenaires techniques et financiers, qui soutiennent la Guinée dans ses initiatives de gouvernance et de moralisation de la vie publique.
« Nous remercions tous ceux qui contribuent à la construction d’une Guinée plus citoyenne, plus pacifique et plus solidaire », a-t-il déclaré.
Entre dénonciation et espoir, le message du ministre sonne comme un appel à la refondation morale de l’administration guinéenne. Car au-delà des réformes et des discours, c’est bien la restauration du civisme et du sens du service public qui déterminera l’avenir de la gouvernance en Guinée.
Saliou Keita






































