En foulant le tarmac de l’aéroport de Conakry, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema n’a pas seulement entamé une visite officielle : il a posé un regard complice sur un confrère de transition, un frère d’armes engagé, comme lui, dans la quête d’un nouvel ordre politique africain.
Face à la presse, le dirigeant gabonais n’a pas tari d’éloges pour Mamadi Doumbouya, saluant la « réussite » du référendum constitutionnel et la « clarté de la vision politique » du chef de la transition guinéenne. « Les élections attirent les investisseurs et ramènent l’ordre démocratique », a-t-il affirmé, dans un ton mêlant réalisme économique et foi politique.
Ces mots ne sont pas anodins. Ils traduisent une forme de solidarité entre deux militaires devenus chefs d’État, tous deux engagés à transformer une transition contestée en opportunité historique. Oligui Nguema, en reconnaissant le courage politique de Doumbouya, envoie un message fort : celui d’une Afrique centrale et occidentale qui cherche à concilier stabilité, légitimité et ouverture démocratique.
Cette rencontre entre Libreville et Conakry dépasse la simple diplomatie. Elle illustre un repositionnement stratégique des régimes de transition africains, désireux de prouver que l’ordre militaire peut déboucher sur un renouveau institutionnel. En saluant « la voie empruntée » par Doumbouya, Oligui Nguema valide une méthode : celle du dialogue, du calendrier maîtrisé et de la promesse d’un retour à l’ordre constitutionnel sous contrôle national.
Dans un continent souvent jugé à l’aune des ingérences extérieures, cette connivence politique prend la forme d’un manifeste silencieux : celui d’une souveraineté assumée. Libreville et Conakry se parlent, se comprennent et tracent, chacune à sa manière, la ligne fragile entre autorité et démocratie.
L’histoire dira si ces paroles d’encouragement entre deux hommes de transition se transformeront en héritage politique durable. Mais une chose est sûre : en Guinée comme au Gabon, la transition n’est plus un tabou, elle devient un projet.
A Amadou Diallo






































