Après dix jours de paralysie totale et plusieurs semaines de tensions latentes, l’intersyndicale de l’Éducation (FSPE-SNE) a choisi, ce mercredi 9 décembre 2025, d’appuyer sur « pause ». La grève générale, déclenchée le 1er décembre, est suspendue — non par satisfaction, mais par nécessité. Une décision arrachée au terme d’une rencontre cruciale à la Bourse du Travail, où syndicats, centrales et gouvernement ont tenté de désamorcer une crise qui menaçait d’échapper à tout contrôle.
Une accalmie arrachée au chaos
Si les syndicats ont accepté de lever le pied, c’est parce que le bras de fer devenait trop lourd pour un système éducatif déjà fragilisé. Depuis le mémorandum du 1er septembre jusqu’à l’avis de grève du 1er décembre, les signaux d’alerte se sont multipliés. Il aura fallu une cascade de médiations pour éviter l’embrasement : le CNOSCG en première ligne, les centrales syndicales en renfort, et un gouvernement soucieux de ne pas voir la contestation se politiser à l’approche d’une échéance électorale sous haute tension.
La “main tendue” du ministre du Travail et de la Fonction publique, soulignée dans l’avis de suspension, n’a pas suffi à dissiper les soupçons. Mais elle a, au moins, rouvert un canal de discussion.
Négociations : le pari de la dernière chance
Le véritable tournant réside dans la reprise annoncée des négociations, prévue ce jeudi 11 décembre à 12h. L’intersyndicale, consciente que la rue ne peut pas éternellement remplacer la table des discussions, a obtenu de ses bases l’aval d’une suspension stratégique. Pas une reddition : un délai.
Le message est clair : la balle est désormais dans le camp du gouvernement. Les enseignants attendent des engagements fermes, chiffrés, datés. Les réponses dilatoires ne passeront plus.
Retour en classe : entre soulagement et vigilance
En saluant la mobilisation exemplaire des enseignants — “malgré les menaces et intimidations”, insiste l’intersyndicale — les syndicats appellent à une reprise immédiate des cours dès ce jeudi 11 décembre à 8h00. Une respiration temporaire pour les élèves et les parents, premiers touchés par cette crise.
Mais l’ombre d’un nouveau blocage plane toujours : la grève est suspendue, pas annulée. La trêve reste conditionnelle, fragile, presque provisoire par nature.
Une crise révélatrice d’un malaise profond
Au fond, cette suspension n’est pas un signe de résolution, mais un avertissement. Le secteur éducatif guinéen souffre, depuis des années, de retards accumulés, de promesses non tenues et d’un dialogue institutionnel intermittent. Si les discussions annoncées échouent, le pays pourrait replonger dans une confrontation encore plus rude.
Les prochains jours diront si cette trêve marque le début d’un apaisement durable… ou le silence avant une tempête plus violente.
Alpha Amadou Diallo





































