À quelques semaines des élections législatives et communales prévues le 24 mai prochain, la Direction Générale des Élections (DGE) passe à la vitesse supérieure dans l’organisation du scrutin. L’institution a officiellement dévoilé les montants des cautions exigées aux candidats ainsi que les plafonds des dépenses autorisées pour la campagne électorale, une étape clé pour baliser la compétition politique.
Selon la décision référencée D/2025/010/MATD/DGE, tout candidat ou toute liste souhaitant prendre part aux élections devra s’acquitter d’une caution dont le montant varie en fonction du type de scrutin.
Des cautions financières conséquentes pour les candidats
Sur place, au siège de l’administration électorale, l’annonce confirme la volonté des autorités de structurer le processus électoral autour de règles financières précises.
Ainsi, les montants fixés se présentent comme suit :
- 35 millions de francs guinéens pour les élections communales (listes communales)
- 100 millions de francs guinéens pour les élections législatives uninominales ou plurinominales
- 300 millions de francs guinéens pour les listes nationales aux législatives
Ces cautions constituent une étape obligatoire pour la validation des candidatures, obligeant les formations politiques et les indépendants à démontrer leur capacité organisationnelle et financière avant même le début de la campagne.
Des dépenses de campagne plafonnées pour éviter les excès
Au-delà des cautions, la DGE entend également mettre de l’ordre dans le financement des campagnes électorales. Pour ce faire, des plafonds stricts ont été définis afin de limiter les dépenses jugées excessives et favoriser une certaine égalité des chances entre les différents concurrents.
Les limites autorisées sont fixées à :
- 12 milliards de francs guinéens pour les législatives sur la liste nationale
- 12 milliards de francs guinéens pour les législatives uninominales ou plurinominales
- 7 milliards de francs guinéens pour les élections communales
Pour les autorités électorales, cette régulation vise notamment à renforcer la transparence dans l’utilisation des fonds de campagne et à prévenir les dérives financières souvent dénoncées lors des périodes électorales.
Un scrutin décisif pour le paysage politique guinéen
À l’approche de cette échéance électorale, les états-majors politiques s’activent déjà en coulisses pour préparer leurs stratégies. Le scrutin du 24 mai doit permettre le renouvellement des représentants au Parlement ainsi que des conseillers communaux, dans un contexte politique particulièrement attendu par l’opinion publique.
Dans les quartiers de Conakry comme à l’intérieur du pays, ces annonces suscitent déjà des débats sur l’accessibilité réelle des élections pour les petites formations politiques et les candidatures indépendantes, face à des exigences financières jugées élevées par certains observateurs.
Une chose est certaine : avec ces nouvelles règles du jeu, la course aux sièges parlementaires et communaux s’annonce aussi politique que financière.
Saliou Keita




































