Selon le site léonais newstimesdaily.net, l’honneur décerné à Madame Fatmata Sow Momoh comme « Mentor internationale » n’est pas qu’une distinction symbolique. C’est la reconnaissance d’un parcours qui, depuis des décennies, défie les limites imposées aux femmes et redessine les contours du leadership féminin en Afrique de l’Ouest. Ancienne Première Dame de la Sierra Leone, elle n’a jamais laissé son rôle protocolaire définir son héritage. Au contraire, elle en a fait un tremplin pour bâtir une œuvre profondément ancrée dans le réel.
Surnommée la « Mère des Femmes du Marché », Fatmata Momoh a choisi le terrain, pas les tribunes. Ses actions ont donné de la force à plus d’une centaine de groupes féminins, en particulier à celles qui, chaque jour, portent une économie informelle souvent ignorée : les commerçantes des marchés. Avec son programme de microcrédit, elle a offert bien plus que de l’argent : un accès aux compétences, à la formation entrepreneuriale, à la confiance. En clair, un chemin vers la dignité économique.
Mais réduire son impact à la seule Sierra Leone serait une erreur de perspective. Le travail de Fatmata Momoh a franchi les frontières, fédérant des femmes à travers l’Afrique de l’Ouest autour d’un même objectif : l’émancipation collective. Elle incarne cette figure rare, celle qui unit par l’écoute, qui pacifie par la parole, qui inspire par l’exemple. Aux côtés d’épouses d’anciens présidents de la région, elle accompagne une nouvelle génération de femmes leaders, prêtes à naviguer les complexités politiques et à s’imposer dans les espaces de décision qui leur ont longtemps été refusés.
En vérité, le regard que porte Fatmata Momoh sur le leadership féminin est un rappel essentiel : les femmes ne doivent pas seulement être bénéficiaires du progrès, elles doivent en être les architectes. Son influence grandissante témoigne d’une réalité têtue : le changement durable naît toujours de la base, et rien ne transforme plus solidement une nation que les femmes qu’on décide enfin d’outiller.
Dans un continent où les discours sur l’égalité se heurtent souvent au manque de volonté, Madame Momoh fait la démonstration qu’un engagement tenace peut déplacer des lignes. Son parcours nous interpelle : et si, pour bâtir des sociétés stables et prospères, nous commencions simplement par écouter celles qui portent déjà le poids du quotidien ?
Amadou Diallo






































