Reportage – Lambanyi, mercredi 30 novembre 2025
La cour du siège national du Bloc Libéral vibrait, ce mercredi en fin d’après-midi, au rythme des chants, slogans et applaudissements d’une foule compacte. Drapés de bleu, blanc et orange, les militants avaient investi chaque recoin du site, brandissant portraits et T-shirts à l’effigie de leur leader. C’est dans cette atmosphère électrique que le candidat du Bloc Libéral à la présidentielle du 28 décembre, Dr Faya Lansana Millimouno, a lancé sa campagne sous le slogan « Rompre et Bâtir », un pacte fondateur qu’il présente comme la promesse d’une « Nouvelle Guinée ».
Entre 18h et 19h, accompagné d’une clameur qui montait comme une onde, Faya Millimouno a pris la parole, le visage grave mais déterminé. Devant lui, une foule surexcitée, attentive, parfois émue.
« L’Histoire nous observe »
D’entrée, le candidat a inscrit son discours dans un moment qu’il qualifie de « tournant décisif » pour le pays. « Nous ne lançons pas seulement une campagne ; nous scellons un pacte fondateur pour la naissance d’une Nouvelle Guinée », a-t-il lancé, dénonçant une nation « rongée par une crise morale, économique et spirituelle ».
Au cœur de ses propos : la dénonciation d’une « décadence collective » marquée, selon lui, par l’indifférence face aux violences, les discours de haine et un climat d’impunité. Il cite nommément des victimes emblématiques de Bambeto à N’Zérékoré pour rappeler les « plaies ouvertes » de l’histoire récente.

Attaque frontale contre la gouvernance du CNRD
Faya Millimouno a ensuite pointé du doigt les « promesses non tenues », les « mensonges d’État » et les « répressions politiques » qui auraient jalonné les décennies. Il accuse particulièrement le CNRD d’avoir « porté la corruption à son paroxysme », citant « des millions de dollars détournés » et la « confiscation des libertés fondamentales ».
Pour lui, la Guinée ne souffre pas seulement d’un déficit économique : elle est « malade » de son système éducatif « défaillant », de son système de santé « fragile », de la pauvreté endémique et du chômage massif des jeunes.
« Je me tiens devant vous comme un serviteur »
Dans un ton se voulant humble mais offensif, le candidat affirme ne pas se présenter en sauveur, mais en « serviteur » porteur d’un remède : un pacte national articulé autour de la justice, de l’éducation, de la santé, de l’énergie et de la prospérité partagée.
La « Nouvelle Guinée » qu’il propose reposerait sur une rupture morale et institutionnelle :
– une justice indépendante,
– une économie transparente,
– une jeunesse encadrée et employée,
– des femmes protégées et respectées,
– une couverture maladie universelle,
– un État débarrassé de la corruption et du népotisme.
« Nous avons les ressources, nous avons le talent, ce qui nous manque c’est une vision éclairée et un leadership honnête », a-t-il insisté.
Des engagements “tenus”, promet-il
Faya Millimouno s’engage à instaurer « une norme d’intégrité inébranlable » et un « leadership transformateur » fondé sur un pacte clair, chiffré et financé. « Le temps des illusions est terminé. Le temps de l’action est arrivé », lance-t-il à la foule, galvanisée.
Le candidat du Bloc Libéral promet que sous sa présidence, l’enseignant « ne sera plus un objet de misère », le paysan « ne sera plus abandonné », et aucun enfant ne sera privé d’école.
Un premier discours qui donne le ton
Pendant près d’une heure, Faya Millimouno aura alterné dénonciations, hommages, promesses et appels à la rupture. Un discours pensé comme un acte fondateur, un cri de ralliement à ses militants et un avertissement à ses adversaires.
En quittant la scène, le leader du Bloc Libéral laisse derrière lui une foule galvanisée. Dans les ruelles de Lambanyi, les chants continuent de résonner : la campagne du 28 décembre est bel et bien lancée.
Alpha Amadou Diallo





































