En Guinée, la terre a trop longtemps été source de conflits, de déchirures familiales et d’injustices criantes. Des parcelles vendues deux, trois fois, des « attestations de cession » délivrées par des autorités de quartier sans base légale, des familles entières entraînées dans des batailles interminables pour prouver qu’elles sont bel et bien propriétaires… Le feuilleton foncier guinéen semblait sans fin.
Mais ce lundi, une promesse forte est venue rompre avec cette histoire troublée. Mamadou Saliou Sylla, secrétaire général du ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme, affirme que cette époque appartient désormais au passé.
Selon lui, l’État a tourné la page des attestations de cession, ces documents tolérés par habitude mais dépourvus de fondement juridique et s’engage à sécuriser définitivement les titres fonciers grâce à la digitalisation.
« Le doublon n’est plus possible », assure-t-il. « Vous ne verrez pas deux personnes sur un même terrain désormais. »
La déclaration est ambitieuse. Elle sonne comme un tournant, presque comme un serment adressé à une population lassée par l’arbitraire et les fraudes.
Reste maintenant à voir si elle se traduira, sur le terrain, par une véritable rupture. Car dans un pays où le foncier a toujours été un nid de corruption et de bricolages administratifs, la confiance ne se décrète pas : elle se reconstruit.
Cette fois, le gouvernement promet une réforme qui protège enfin les citoyens. Si la parole donnée devient réalité, alors peut-être que les conflits domaniaux, ces drames silencieux qui minent tant de familles, commenceront à s’éteindre.
Amadou Diallo






































