Après l’Union africaine, c’est au tour de la CEDEAO de refermer officiellement le chapitre des sanctions contre la Guinée. Quatre ans après le coup d’État du 5 septembre 2021, l’organisation ouest-africaine acte le retour du pays dans le concert régional, saluant le déroulement de la présidentielle du 28 décembre 2025 et l’investiture de Mamadi Doumbouya, le 17 janvier dernier. Un geste fort, presque symbolique, qui marque la fin d’une parenthèse politique mouvementée.
Dans son communiqué, la CEDEAO lève « avec effet immédiat » toutes les sanctions résiduelles et réintègre pleinement la Guinée dans ses instances décisionnelles. Autrement dit, Conakry retrouve sa place à la table régionale, après des années passées sur le banc de touche diplomatique. Une reconnaissance du retour à l’ordre constitutionnel, mais aussi un pari sur l’avenir.
Car derrière les félicitations, l’organisation glisse un rappel à l’ordre. Elle appelle les autorités guinéennes à transformer l’essai, à capitaliser sur cette normalisation pour renforcer le dialogue national, l’inclusion politique et la cohésion sociale. Le message est clair : la stabilité ne se décrète pas, elle se construit, surtout à l’approche des législatives.
La CEDEAO exhorte également le pouvoir à consolider les fondamentaux – démocratie, État de droit, bonne gouvernance, développement économique et social – autant de chantiers ouverts, parfois fragiles, dans un pays encore marqué par les fractures politiques et sociales.
Enfin, l’institution invite les partenaires internationaux à maintenir leur soutien. Une manière de rappeler que la Guinée n’avance pas seule, mais sous le regard attentif de la région et du monde.
La levée des sanctions n’est donc pas une ligne d’arrivée, mais un point de départ. La Guinée est de retour dans le jeu régional. Reste à savoir comment elle jouera la partie.
Algassimou L Diallo





































