La Guinée s’apprête à célébrer l’un de ses trésors les plus anciens, mais aussi les plus prometteurs : le fonio. Et ce n’est pas un hasard si c’est la Maison de la Presse qui a accueilli, ce lundi 1ᵉʳ décembre, la conférence de lancement du Festival du Fonio 2025. Car au-delà d’un simple événement culinaire, c’est une véritable déclaration d’intention : la Guinée veut reprendre en main son récit gastronomique, en faire un instrument de rayonnement et d’unité.
Le rendez-vous est fixé aux 13 et 14 décembre, sur l’esplanade de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry. Deux jours où chefs, producteurs, associations et passionnés viendront célébrer une céréale millénaire qui, longtemps restée à l’ombre du riz ou du maïs, est aujourd’hui au cœur d’un renouveau culinaire africain. Le fonio, humble par essence, revient en force — et ce festival veut en être le porte-étendard.
À l’origine de cette initiative, la cheffe Nima Dem, déterminée à replacer la cuisine guinéenne là où elle mérite d’être : au centre de la conversation culinaire africaine. Dans un discours vibrant, elle a rappelé que le fonio « porte une histoire, une richesse et un avenir », et qu’il peut devenir un moteur d’espoir dans un pays où l’alimentation reste un pilier identitaire. Elle défend une vision : rassembler, unifier, pacifier même, autour de la cuisine. Faire de la gastronomie un langage commun, un pont entre les générations et un terrain de créativité.
Cet appel n’est pas anodin. À travers ce festival, Nima Dem invite les institutions, les chefs, le secteur privé et le grand public à se joindre à cet effort collectif. Car si la Guinée veut imposer son patrimoine culinaire sur la scène internationale, elle devra miser sur des initiatives fédératrices, capables de transformer une céréale traditionnelle en symbole national.
Le programme est ambitieux : démonstrations culinaires, expositions, dégustations, ventes de produits locaux, rencontres professionnelles… Un menu pensé pour montrer que le fonio peut quitter les traditions sans les trahir, et s’installer dans une cuisine africaine contemporaine, audacieuse et durable.
Avec ce festival, la Guinée ne se contente pas de promouvoir un ingrédient. Elle affirme une stratégie, une vision : celle d’un pays qui veut être l’un des moteurs de la mise en valeur des super-céréales africaines.
Le fonio, longtemps relégué aux marges, devient un emblème de durabilité, de créativité et d’identité culturelle. Et peut-être, le point de départ d’un nouveau récit gastronomique guinéen, sûr de lui, ambitieux et résolument tourné vers l’avenir.
Fatimatou Diallo






































