Reportage
Au siège du ministère des Affaires étrangères, à Conakry, l’ambiance était électrique ce jeudi 26 février 2026. Face à la presse nationale et internationale, le chef de la diplomatie guinéenne, Morissanda Kouyaté, a pris la parole dans un contexte sensible : celui du rapatriement de Guinéens depuis l’Allemagne, à la suite d’un accord conclu avec les autorités de ce pays.
D’entrée de jeu, le ministre a élargi le débat à la situation globale des Guinéens établis à l’étranger. Mais très vite, le ton est monté lorsqu’il a évoqué les critiques formulées par certains blogueurs.
« Certains blogueurs qui sont là aujourd’hui, je les remercie. C’est le président qui les a ramenés. Je suis témoin », a-t-il déclaré, en référence au chef de l’État, Mamadi Doumbouya.
« Une forme d’ingratitude »
Pour Morissanda Kouyaté, les attaques répétées contre les autorités relèvent d’une forme d’ingratitude. Selon lui, certains de ces acteurs des réseaux sociaux, après avoir « insulté le président », continuent de critiquer le pouvoir, malgré les démarches entreprises pour leur venir en aide.
Le ministre affirme que plusieurs retours ont été facilités dans la discrétion la plus totale. « On fait son passeport. On fait tout son passeport. On le fait rentrer. Personne ne sait que nous le faisons », a-t-il assuré, laissant entendre que l’État agit souvent loin des projecteurs.
Dans la salle, les journalistes prennent note. Le sujet est sensible : la gestion des migrations et les conditions de retour des ressortissants guinéens alimentent depuis plusieurs semaines les débats sur les réseaux sociaux.
Service public malgré les attaques
Malgré les critiques, le chef de la diplomatie se veut catégorique : le gouvernement ne fera aucune distinction entre ses citoyens.
« Même s’ils nous insultent, nous serons à leur service. Ils n’ont qu’à insulter plus que ça, nous serons au service de la nation », a-t-il martelé, rappelant que ces blogueurs restent « membres de cette communauté nationale ».
Pour lui, l’action diplomatique ne saurait être dictée par les polémiques en ligne. Elle obéit, dit-il, à un principe : protéger les intérêts des Guinéens, où qu’ils se trouvent.
Refus des « charters »
Morissanda Kouyaté a également tenu à rappeler la position de principe adoptée par Conakry dans la gestion des retours de migrants. Sous le leadership du président Mamadi Doumbouya, la Guinée aurait « refusé complètement de prendre des charters », une allusion aux vols groupés d’expulsion proposés par certains partenaires européens.
Un choix que le ministre présente comme un marqueur de souveraineté et de dignité nationale, dans un contexte où la question migratoire reste au cœur des tensions entre pays d’origine et pays d’accueil.
Au terme de la conférence, un message se dégage : entre pressions extérieures et critiques internes, la diplomatie guinéenne revendique une ligne de fermeté, tout en affirmant rester au service de tous ses ressortissants, y compris les plus virulents.
Abdoul Chaolis Diallo






































