Encore un drame de trop. En Gambie, des dizaines de personnes sont portées disparues après le naufrage d’une embarcation transportant plus de 200 migrants, candidats au départ vers l’Europe. Le bateau a chaviré la veille du Nouvel An dans la région de North Bank, au nord-ouest du pays, rappelant avec brutalité le prix humain d’une migration clandestine devenue presque banale dans l’imaginaire de certains jeunes.
Le bilan provisoire est lourd : 102 personnes secourues, plusieurs blessés admis en urgence dans les structures sanitaires, et au moins sept corps repêchés. Les opérations de recherche se poursuivent, mais l’espoir s’amenuise au fil des heures. Comme souvent, les causes exactes du naufrage restent floues, noyées dans l’urgence et la douleur. Mais une chose est certaine : ces drames ne sont ni imprévisibles ni inévitables.
Il faut le dire sans détour : risquer sa vie sur des embarcations de fortune, au mépris de toute règle de sécurité, n’est ni un acte de courage ni une solution. C’est une fuite en avant, entretenue par des réseaux criminels et par l’illusion d’un Eldorado européen qui n’existe pas sous la forme rêvée. À chaque départ clandestin, c’est une roulette russe avec la mer pour seule juge.
Ce naufrage s’inscrit dans une longue série. En août 2025 déjà, près de 150 personnes avaient péri ou disparu après le chavirement d’un bateau parti de Gambie au large des côtes mauritaniennes. Les chiffres s’accumulent, les larmes aussi, mais les départs continuent, comme si la leçon n’était jamais apprise.
Face à cette tragédie récurrente, la responsabilité est collective, mais le choix individuel reste déterminant. Mieux vaut emprunter les voies légales, même longues et incertaines, que de sacrifier sa vie et celle de ses proches sur l’autel de l’impatience et du désespoir. Aucun rêve, aussi puissant soit-il, ne mérite de finir au fond de l’océan.
Algassimou L Diallo






































