Conakry. On ne le voit pas toujours, mais on le ressent. Dans les couloirs feutrés des ministères, dans les salles de réunion où se tracent les contours du futur, dans les textes qui définissent l’emploi, la formation et la gouvernance, Mohamed Kaba Souaré est de ces hommes qui travaillent sans bruit, mais avec une efficacité rare.
Figure discrète de l’administration publique guinéenne, il appartient à cette génération de cadres qui ne se contente pas d’appliquer, mais qui construit. Son parcours, riche de plus de quinze ans d’engagement, est un témoignage vivant d’une conviction : que la compétence et la stratégie sont des instruments indispensables au développement.
Aujourd’hui, il occupe le poste de Directeur national adjoint de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle Privés. Un titre qui peut sembler administratif, presque abstrait. Mais derrière ces mots se cache une mission essentielle : structurer et moderniser l’offre de formation technique privée en Guinée, donner une cohérence à un secteur longtemps fragmenté, poser des normes, impulser l’innovation pédagogique, contrôler et accompagner les institutions de formation.
C’est une tâche de longue haleine, car former ne se résume pas à ouvrir des écoles. Il faut définir des standards, faire respecter des règles, donner de la visibilité à un système qui doit répondre aux besoins du marché, et surtout, préparer une jeunesse qui aspire à travailler et à vivre dignement. Sur ce terrain, Mohamed Kaba Souaré n’est pas un simple gestionnaire : il est un architecte.
Avant cela, il a été Directeur national adjoint de l’Emploi et de l’Entrepreneuriat. Là encore, il n’a pas occupé une fonction de façade. Il a contribué à la conception de cadres réglementaires et stratégiques, à l’élaboration de la Politique nationale de l’Emploi et de l’Entrepreneuriat, à la coordination des acteurs institutionnels et au renforcement des partenariats. Autant de pièces d’un puzzle complexe qui vise à faire de l’emploi un droit, et non une chance.
Ce parcours public s’appuie aussi sur une solide expérience du secteur privé. Chez Guinea Alumina Corporation (GAC), filiale du groupe Emirates Global Aluminium, il a occupé des fonctions clés, du pilotage de la communication institutionnelle à la gestion de contrats stratégiques, en passant par la coordination logistique et administrative dans un environnement industriel exigeant. Cette polyvalence, acquise au fil des années, lui donne une vision rare : celle d’un homme qui comprend aussi bien les exigences de l’État que les contraintes du privé.
Ses premières années, dans le marketing, la relation client et le management des grands comptes, chez Orange Guinée, ETI SA, BlueLink – Air France et Edenred France, ont forgé un profil rigoureux, orienté résultats, avec une culture forte de la qualité et du service. Et c’est sans doute ce mélange d’exigence et de pragmatisme qui explique sa capacité à naviguer avec aisance dans des environnements multiculturels et institutionnels complexes.
Sur le plan académique, il est titulaire d’une Licence en communication et marketing, obtenue au Maroc, et d’un Master en management et gestion de projet à Paris. Bilingue français-anglais et parlant plusieurs langues nationales, il est l’illustration d’un cadre guinéen moderne, capable de faire dialoguer local et international.
Mais au-delà des titres et des diplômes, ce qui frappe chez Mohamed Kaba Souaré, c’est son engagement sur le terrain. Il a été un acteur important de la campagne référendaire et présidentielle dans la préfecture de Mali, où il a joué un rôle de coordination et de mobilisation. Une preuve supplémentaire qu’il n’est pas seulement un homme de bureau, mais un homme de terrain, proche des réalités locales.
À la croisée des politiques publiques, du secteur privé et de la communication stratégique, Mohamed Kaba Souaré incarne un leadership pragmatique. Un leadership qui ne cherche pas la lumière, mais qui s’attache à construire, brique après brique, une Guinée plus compétente, plus performante, plus résiliente.
Dans un pays où le développement se cherche souvent, il est l’un de ceux qui, discrètement, le bâtissent.
Par Malal Diallo






































