À Leydheppol, le soulagement est palpable. Après deux jours de paralysie, la circulation a enfin repris sur la RN5. Mais derrière cette reprise se cache une réalité moins reluisante : la fragilité criante de nos infrastructures et l’improvisation permanente qui tient lieu de politique publique.
Car il aura suffi qu’un petit pont cède pour mettre toute une région à l’arrêt. Des camions immobilisés, des voyageurs bloqués, des marchandises retardées… Deux jours de calvaire pour des milliers d’usagers. Et que fait l’État ? Il colmate, il bricole. Avec l’aide d’une entreprise, un tuyau métallique recouvert de pierres et de latérite a été jeté en travers du cours d’eau. Une solution d’urgence, certes ingénieuse, mais qui en dit long sur l’absence de vision durable.
Désormais, le trafic est régulé : un seul véhicule à la fois, sous la surveillance d’agents. Comme si nous vivions dans un pays sous perfusion, où chaque traversée devient une prouesse, chaque voyage un pari. Pendant ce temps, les autorités gardent le silence. Pas un mot, pas une promesse, pas même une esquisse de calendrier pour une réparation définitive.
Alors oui, les usagers respirent. Ils n’ont plus à faire le long détour imposé par l’effondrement. Mais ce « soulagement » est trompeur : il révèle surtout notre résignation à vivre avec des infrastructures qui s’écroulent, puis se rafistolent au gré des urgences.
La question est simple : combien de ponts devront encore céder avant que l’État ne construise enfin, au sens propre comme au figuré, des ouvrages solides et durables ?
Algassimou L Diallo






































