Quand une disqualification résonne comme un appel à la vigilance démocratique
La Cour suprême a tranché, sans appel : les recours introduits par Dr Ousmane Kaba pour contester son exclusion de la présidentielle du 28 décembre 2025 ont été rejetés. Une décision lourde, définitive, et surtout symbolique dans un pays où chaque scrutin ravive la question fondamentale : de quelle démocratie voulons-nous ?
Dans un message empreint de calme et de gravité, le leader du PADES a choisi de s’adresser aux Guinéens avec « sérénité et responsabilité ». Disqualifié, oui. Abattu, non. Car pour lui, l’essentiel dépasse sa personne : « Cette décision prive le peuple d’un choix démocratique essentiel », déplore-t-il. Une phrase qui résonne, tant elle met le doigt sur le cœur du problème : le rétrécissement perpétuel du champ des possibles pour l’électeur guinéen.
Dr Kaba, figure économique majeure et acteur politique de longue date, affirme que cette mise à l’écart « n’entame ni [sa] conviction ni [sa] foi en l’avenir du pays ». Ce qui se joue, insiste-t-il, ce n’est pas la survie d’une candidature mais celle d’un projet de société porté depuis des années : justice, compétence, espérance. Trois mots qui sonnent presque comme une ligne de résistance face à une mécanique institutionnelle souvent perçue comme opaque.
Il n’a pas manqué d’adresser des remerciements appuyés à ses militants, sympathisants, jeunes, femmes et patriotes « qui n’ont cessé de croire en ce combat pour une Guinée plus juste et prospère ». Un hommage qui ressemble à un pacte renouvelé, une manière de dire : la route est suspendue, mais la marche continue.
Quant au PADES, « il demeure debout », réaffirme-t-il. Debout, malgré le choc. Debout, fidèle à ses valeurs. Debout, convaincu que la Guinée mérite mieux qu’un jeu politique verrouillé. « Nous ne renonçons pas à l’espérance », assure Dr Kaba. Une espérance qui, dans un contexte de crispations institutionnelles croissantes, devient elle-même un acte politique.
Son exclusion de la course présidentielle pose, au fond, une question qui dépasse son destin personnel : comment garantir que la démocratie guinéenne demeure un véritable espace de choix, et non un couloir étroit où seules certaines candidatures peuvent passer ?
La réponse, elle, appartient désormais au peuple – mais aussi à ses institutions, à leur capacité à convaincre qu’elles agissent pour la nation, et non au-dessus d’elle.
Moussa Aziz Camara






































