CONAKRY — La réaction des Forces Vives de Guinée (FVG) ne s’est pas fait attendre après le dépôt de candidature du Général Mamadi Doumbouya à l’élection présidentielle prévue pour le 28 décembre 2025.
Dans une déclaration rendue publique ce lundi 3 novembre, la coalition des forces politiques et sociales a fermement dénoncé cette candidature, qu’elle juge contraire aux engagements pris au début de la transition.
Les FVG accusent le Chef de l’État de « trahison vis-à-vis du peuple de Guinée », estimant qu’il a renié la promesse faite de ne pas se présenter à la fin de la transition.
« Nous appelons les Guinéens à se mobiliser, dans la dignité et la détermination, pour contrecarrer, par tous les moyens, la volonté de Mamadi Doumbouya de détruire nos acquis démocratiques obtenus de haute lutte, au prix de lourds sacrifices », ont déclaré les Forces Vives dans leur communiqué.
Des arguments juridiques à l’appui
Les FVG s’appuient notamment sur l’article 46 de la Charte de la Transition, qui stipule sans ambiguïté :
« Le président et les membres du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) ne peuvent faire acte de candidature ni aux élections nationales ni aux élections locales organisées pour marquer la fin de la transition. Cette disposition ne peut faire l’objet de changement. »
Elles citent également l’article 25, alinéa 4, de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, qui dispose que :
« Les auteurs de changement anticonstitutionnel de gouvernement ne doivent ni participer aux élections organisées pour la restitution de l’ordre démocratique, ni occuper des postes de responsabilité dans les institutions politiques de leur État. »
Des accusations graves contre le régime
Les Forces Vives dénoncent en outre des violations massives des droits de l’homme, une instrumentalisation de la justice, une corruption endémique au sein de l’équipe dirigeante, ainsi que des restrictions des libertés publiques.
Elles évoquent également « l’assassinat impuni de plus de 60 jeunes manifestants, des disparitions forcées, des morts suspectes en détention et des actes de torture infligés à plusieurs personnalités civiles et militaires ».
Un appel à la résistance citoyenne
Face à cette situation, les FVG affirment refuser la poursuite d’une gouvernance qu’elles qualifient de liberticide, imposée depuis le 5 septembre 2021. Elles rejettent catégoriquement la candidature du Général Doumbouya et réitèrent leur engagement à défendre « le droit inaliénable du peuple de Guinée à choisir librement ses dirigeants ».
« Mobilisons-nous massivement, dans la dignité et la détermination, pour défendre nos acquis démocratiques et préserver l’avenir de notre nation », conclut la déclaration.
Marliatou Sall






































