Édito. À moins d’un mois de la présidentielle du 28 décembre 2025, Mamadi Doumbouya ne se contente plus de défendre son bilan : il cherche désormais à inscrire son action dans une trajectoire presque historique. Ce 2 décembre, lors d’une nouvelle prise de parole, le candidat a tenté de transformer son passage à la tête de l’État en un récit mobilisateur, bâti sur ce qu’il présente comme une « conviction forte ».
L’ancien homme fort de la transition, désormais en lice pour un mandat électif, ancre son discours dans l’idée d’une continuité nécessaire : « Nous avons besoin de vous pour continuer à bâtir ensemble une Guinée prospère », a-t-il lancé, insistant sur la responsabilité collective du développement national. Doumbouya veut convaincre que stabilité et progrès ne peuvent advenir que par une mobilisation citoyenne autour d’un projet commun.
Ce projet, il le résume en quelques mots : « Mon projet de société repose sur une conviction forte, un engagement qui se renforce chaque jour : l’amour de notre patrie et la volonté de bâtir ensemble. » À travers cette formule, il cherche à combiner fibre patriotique et appel à l’unité, un registre qui se veut fédérateur dans une campagne où les lignes de fracture politiques restent profondes.
Pour étayer son propos, Mamadi Doumbouya met en avant ce qu’il décrit comme les « acquis majeurs » de la transition. La restauration institutionnelle serait, selon lui, l’un des symboles de cette « réussite collective ». À cela s’ajoutent les chantiers d’infrastructures qu’il présente comme les preuves matérielles de son action : routes, ouvrages modernes, facilitation de la mobilité.
« En quatre ans, nous avons construit des infrastructures modernes, facilité la mobilité dans tout le pays. Plus de 1 000 kilomètres de routes bitumées », énumère-t-il, estimant que ce bilan démontre la faisabilité et même la crédibilité de sa vision pour les années à venir.
Mais au-delà du discours technique, l’objectif est clair : transformer un exercice de justification en un appel à la confiance. En plaçant sa « conviction forte » au centre de son argumentaire, Mamadi Doumbouya tente de se présenter non seulement comme l’artisan d’avancées concrètes, mais comme le garant d’une continuité politique qu’il juge indispensable. Une manière de dire que le chantier Guinée, selon lui, n’est pas encore terminé et qu’il souhaite en rester l’architecte.
Amadou Diallo






































