À moins d’un mois d’un scrutin décisif, Abdoulaye Yéro Baldé avance ses cartes : unité nationale, justice indépendante, services sociaux accessibles et mobilisation citoyenne. Le candidat du FRONDEG, porté par un discours offensif mais rassembleur, veut incarner la rupture avec des décennies d’inachevé. À Dubréka comme ailleurs, son appel résonne : faire du 28 décembre un tournant, enfin.
« La Guinée est debout » : un appel à l’unité et à la justice
Dès les premiers mots, Yéro Baldé a planté le décor : pas de développement possible sans justice, sans sécurité, sans libertés garanties. Il martèle que la Guinée “est debout”, mais qu’elle ne le restera que si la presse, l’expression citoyenne et l’État de droit cessent d’être des espaces fragilisés.
C’est un message politique, mais aussi une mise en garde : la prochaine présidence devra reconstruire la confiance.
Les services sociaux comme colonne vertébrale du projet
Sur le fond, le candidat du FRONDEG mise sur les fondamentaux : école, santé, électricité, eau, routes. Autant de besoins élémentaires que la Guinée, riche en ressources, n’a jamais réussi à satisfaire pleinement. Il promet un million d’emplois pour les jeunes en cinq ans — un pari audacieux — fondé sur quatre secteurs : agriculture, eau, tourisme, mines.
Et il n’oublie pas les femmes, dont il veut améliorer les conditions de vie, ni l’éducation des filles, qu’il élève au rang de priorité nationale.
Un plaidoyer pour une campagne “sans insultes, sans violences”
Dans un contexte électoral sous tension, Yéro Baldé adopte un ton apaisant : convaincre sans provoquer, débattre sans agresser. Pour lui, l’unité nationale reste le trésor le plus fragile du pays.
La transition doit se conclure par une élection “libre, démocratique et transparente”. Une ambition que le FRONDEG veut transformer en norme politique.
Vigilance et mobilisation : “Rien n’est gagné d’avance”
Le candidat appelle les citoyens à se rendre aux urnes, mais surtout à “protéger leur vote”.
Car derrière l’enthousiasme, il reconnaît une réalité : ce scrutin est un tournant historique pour un pays qui, 67 ans après l’indépendance, souffre encore d’un manque criant d’eau, d’électricité, d’écoles et d’emplois.
La promesse est claire : tourner la page.
Réforme de la justice et valorisation des enseignants
Deux engagements forts émergent :
- une justice réellement indépendante, avec des magistrats mieux protégés et plus puissants ;
- une revalorisation profonde du métier d’enseignant, que Yéro Baldé veut “parmi les mieux traités de la fonction publique”.
Autant de signaux envoyés à deux corps essentiels au fonctionnement de l’État.
Une promesse de rupture : la Guinée peut réussir
Son discours se veut un antidote au fatalisme. Non, dit-il, la pauvreté n’est pas un destin. Oui, la Guinée peut émerger sur la scène internationale en cinq ans, à condition de rompre avec les cycles d’instabilité et les politiques sans horizon.
En filigrane, Abdoulaye Yéro Baldé propose une équation simple : unité, justice, équité territoriale et mobilisation citoyenne. Reste à voir si, le 28 décembre, les électeurs feront de cette équation une réalité politique.
Abdoul Chaolis Diallo






































