Plus de 6,7 millions d’électeurs sont appelés aux urnes ce dimanche pour le premier tour de l’élection présidentielle, ultime étape du retour à l’ordre constitutionnel après plus de quatre années de transition. Si les autorités électorales saluent une campagne apaisée et une organisation maîtrisée, des voix internationales alertent sur les restrictions de l’espace civique.
Dimanche 28 décembre, la Guinée s’apprête à vivre un moment politique décisif. Plus de 6,7 millions de Guinéens sont convoqués pour départager neuf candidats à l’élection présidentielle, dont le président de la transition, le général Mamadi Doumbouya. Ce scrutin marque la phase finale du processus de retour à l’ordre constitutionnel, engagé à la suite du coup d’État de septembre 2021.
Au lendemain de la clôture de la campagne électorale, vendredi 26 décembre, la directrice générale des élections (DGE), Djenabou Touré, a dressé un premier bilan lors d’une conférence de presse à Conakry. Elle s’est félicitée du climat de sérénité ayant caractérisé la campagne, contrastant nettement avec les scrutins précédents depuis 2010, souvent émaillés de violences et de pertes en vies humaines.
Sur le plan logistique, la DGE se veut rassurante. « Tout le matériel est acheminé. Les kits bleus des bureaux de vote, l’encre indélébile, tout ce qui garantit la transparence et la crédibilité du scrutin, ainsi que les kits pharmaceutiques destinés aux membres des bureaux de vote, sont déjà disponibles dans chaque commune du pays », a assuré Djenabou Touré.
La distribution des bulletins de vote et des procès-verbaux est prévue pour samedi 27 décembre, aussi bien dans les quartiers urbains que dans les districts ruraux. Les résultats provisoires, selon la DGE, devraient être proclamés 48 heures après le scrutin, soit dans la soirée du mardi 30 décembre.
Interrogé sur les restrictions signalées concernant l’accès à Facebook, dénoncées par certaines organisations de la société civile, le président de la Haute Autorité de la communication (HAC), Boubacar Yacine Diallo, a indiqué n’avoir reçu aucune saisine formelle, ni de journalistes ni de citoyens.
À l’international, le regard est toutefois plus critique. Les Nations unies évoquent un « espace civique et politique sévèrement restreint ». Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, pointe notamment des « intimidations d’opposants, des disparitions forcées et des restrictions à la liberté des médias », des facteurs qui, selon lui, « risquent de compromettre la crédibilité du processus électoral ».
À quelques heures de l’ouverture des bureaux de vote, la Guinée avance donc entre espoir d’un scrutin apaisé et attentes fortes quant à la transparence et à l’inclusivité du processus électoral.
Algassimou L Diallo





































