Conakry, 16 février 2026 – Le gouvernement guinéen passe à l’offensive contre la flambée des prix. Sous l’égide du Ministère de l’Industrie et du Commerce, un protocole d’accord a été signé ce 16 février 2026 pour encadrer l’approvisionnement du marché national et fixer des prix plafonds sur plusieurs denrées de première nécessité.
Un front commun contre la spéculation
Le document engage trois institutions clés : la Direction Générale des Douanes (DGD), la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Artisanat de Guinée (CCIAG) et la Direction Nationale du Commerce Intérieur et de la Concurrence (DNCIC).
Les signataires – le Général de brigade Cheick Gadiri Condé pour la DGD, Mamadou Baldé pour la CCIAG et Mohamed Traoré pour la DNCIC – entendent stabiliser les prix du riz, du sucre, de l’huile, de la farine, de l’oignon, du lait et du poulet sur l’ensemble du territoire national.
Objectif affiché : protéger le pouvoir d’achat des ménages, notamment les plus vulnérables, face à la volatilité des marchés et aux risques de spéculation.
Des exonérations douanières maintenues
Dans le cadre de cet accord, l’État reconduit des mesures d’allègement sur certaines denrées stratégiques. La valeur mercuriale du riz est maintenue à 100 dollars la tonne métrique, celle du sucre à 200 dollars et celle du poulet à 600 dollars pendant toute la durée du protocole.
La DGD s’engage à accélérer le dédouanement pour éviter toute rupture de stock, tout en renforçant la lutte contre les fausses déclarations et les fraudes susceptibles de perturber le marché.
Contrôles renforcés et sanctions prévues
La DNCIC aura la charge de fixer et diffuser les prix plafonds, d’organiser des contrôles sur les marchés, dans les entrepôts et les circuits de distribution, et de sanctionner les contrevenants conformément à la réglementation en vigueur.
Un dispositif de suivi mixte, associant les trois institutions, est mis en place pour veiller à l’application effective des engagements. Une équipe d’agents assermentés interviendra notamment dans le Grand Conakry avant l’extension progressive des contrôles à l’intérieur du pays.
Pour encourager la vigilance citoyenne, un numéro vert – 142 – est mis à la disposition des populations pour signaler toute violation des prix encadrés ou la commercialisation de produits non conformes.
Des prix différenciés entre Conakry et l’intérieur
Les prix plafonds applicables à Conakry et à l’intérieur du pays, valables jusqu’au 30 juin 2026, tiennent compte des coûts de transport fixés par le ministère des Transports, notamment pour les marchandises en sacherie et conventionnelles.
Le protocole entre en vigueur le 17 février 2026 pour une durée initiale courant jusqu’au 30 juin 2026. Il pourra être tacitement renouvelé si les conditions du marché demeurent stables.
Dans la perspective de consolider cette dynamique, deux autres accords sont annoncés : l’un avec la Banque centrale et l’autre avec le syndicat des transporteurs, afin de soutenir durablement la stabilité des prix.
À travers cet accord tripartite, l’État affiche sa volonté de reprendre la main sur le marché des denrées essentielles, dans un contexte où la pression sur le panier de la ménagère reste une préoccupation majeure.
PROTOCOLE D’ACCORD PRIX PLAFONDS DU 16 F_260217_160344
Saliou Keita






































