La nuit du 1er janvier 2026 aura une fois de plus mis en lumière un mal profond : le mépris assumé des règles, pourtant clairement établies par les autorités. Alors que la détonation de feux d’artifice avait formellement été interdite, des incidents ont éclaté sur l’axe Hamdallaye-Bambéto, opposant des jeunes aux forces de sécurité dans un climat de désordre évitable.
Selon des témoignages concordants, tout serait parti de tirs de feux d’artifice pour célébrer le Nouvel An. Une pratique proscrite, connue de tous, mais tolérée dans les faits. Au su et au vu de leurs parents, des enfants et adolescents se sont livrés à des actes de vandalisme, lançant des pierres et s’en prenant aux panneaux publicitaires installés le long de la voirie. L’intervention des forces de l’ordre est alors devenue inévitable pour contenir les débordements et rétablir l’ordre public.
La question centrale demeure : comment expliquer que des enfants violent aussi ouvertement la loi, sans crainte ni retenue, sous le regard passif de leurs parents ? Dans une société qui se revendique majoritairement musulmane, où les valeurs de discipline, de respect et de responsabilité sont pourtant au cœur de l’enseignement religieux, cette dérive interroge. Où est passé le sens de l’autorité parentale ? Où est cette crainte morale, ce “karma”, diront certains qui devrait freiner les comportements destructeurs ?
Certes, le calme tend progressivement à revenir dans la zone, selon nos observations sur le terrain. Mais l’essentiel n’est pas là. Ces événements rappellent crûment que l’interdiction ne suffit pas si elle n’est ni respectée ni relayée au sein des familles. Tant que les parents fermeront les yeux, tant que la loi sera perçue comme optionnelle et que la responsabilité individuelle sera diluée, les mêmes scènes se répéteront, nuit après nuit, fête après fête.
Au-delà des feux d’artifice, c’est bien une crise d’éducation civique et morale qui s’exprime dans ces violences nocturnes. Et elle engage, autant que l’État, la conscience des parents et de la société tout entière.
Amadou Diallo






































