Édito : Le jour où la Guinée a pris sa revanche sur le doute
Il arrive que les faits parlent plus fort que les discours. Et celui de ce 11 novembre 2025 aura eu, à lui seul, la force d’un manifeste. Le lancement officiel de l’exploitation du gisement de fer du Simandou, ce mégaprojet que tant de gouvernements avaient promis sans jamais l’accomplir, a marqué un tournant décisif dans l’histoire contemporaine de la Guinée. Pour une fois, les plus virulents détracteurs du régime du CNRD ont dû ranger leurs sarcasmes et reconnaître, ne serait-ce qu’à demi-mot, la portée historique de l’événement.
Car il faut bien le dire : ce jour-là, la Guinée a montré un autre visage. Celui d’un pays qui, après des décennies de crises politiques et de rêves économiques ajournés, a su transformer une chimère en réalité. Simandou, longtemps symbole de blocages et de contentieux, devient désormais l’étendard d’une souveraineté économique retrouvée.
Ce projet, gelé pendant des années par des géants miniers comme Rio Tinto et enlisé dans d’interminables batailles juridiques avec BSGR, semblait condamné à demeurer une promesse creuse. Et pourtant, sous la gouvernance du Président Mamadi Doumbouya, il a pris vie. Ce n’est pas un hasard, mais le fruit d’une volonté politique assumée — celle d’un chef d’État qui a fait de Simandou la pierre angulaire de son projet de redressement national.
On peut ne pas aimer Mamadi Doumbouya, on peut contester son style ou son discours, mais il faut reconnaître à l’homme du Palais Mohamed V une chose : il a osé ce que d’autres n’ont fait que rêver. Il a refusé le fatalisme. Il a replacé la Guinée dans le jeu mondial des grandes nations minières.
Mais derrière le symbole, il y a les artisans silencieux de cette réussite. Au premier rang, le ministre directeur de cabinet Djiba Diakité, président du comité stratégique du Simandou, véritable stratège et maître d’œuvre du dossier. Infatigable, précis, méthodique, il a mené les négociations avec une rigueur qui force le respect, parvenant à concilier souveraineté nationale et exigences internationales. À ses côtés, des figures clés comme Ousmane Doumbouya, conseiller spécial du président, et Bouna Sylla, ancien directeur général de la CTG et désormais ministre des Mines, Ousmane Gaoual Diallo, ministre porte parole du Gouvernement, ont joué un rôle déterminant, loin des projecteurs mais au cœur des décisions.
Ce trio a incarné une nouvelle approche : celle d’un État qui défend ses intérêts avec compétence et dignité, sans posture ni soumission. Ce n’était pas gagné. Dans un environnement où les appétits économiques et géopolitiques se mêlent, la Guinée a su, pour une fois, imposer ses conditions.
Résultat : un projet structurant qui dépasse la seule extraction minière. Simandou, c’est une promesse de plus de 150 millions de tonnes de fer à 65 % de teneur, des centaines de milliers d’emplois directs et indirects, un doublement du PIB national, et plus de 1,5 milliard de dollars de recettes fiscales attendues. C’est aussi, et surtout, une infrastructure colossale : un chemin de fer de 650 km, un port en eau profonde à Morébaya, et un espoir renouvelé pour les régions enclavées.
Alors oui, certains se sont attardés sur le ton du discours présidentiel, jugé trop triomphal ou trop lyrique. Mais l’essentiel est ailleurs. Ce qui compte, c’est que la Guinée avance, qu’elle prouve à elle-même et au monde qu’elle peut bâtir, négocier, imposer ses priorités et tenir parole.
Simandou n’est pas qu’un projet économique. C’est une revanche sur le scepticisme, un acte de foi nationale. Une démonstration que, quand la Guinée décide, elle réalise.
Et si ce 11 novembre marquait, finalement, le début d’une nouvelle ère ? Celle où notre pays ne subit plus les décisions venues d’ailleurs, mais construit, de ses propres mains, son avenir.
A Amadou Diallo






































