Conakry, 27 août 2025 – Dans la cour exiguë du siège du Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG), des dizaines d’enseignants se pressent, certains brandissant des pancartes improvisées où l’on peut lire : « Respectez les syndicats » ou encore « Non à une rentrée bâclée ». L’air est lourd, ponctué de slogans scandés en chœur : « Consultation avant décision ! ».
À l’intérieur de la salle, l’ambiance est tout aussi électrique. Les bancs sont occupés jusqu’au dernier, des enseignants debout longent les murs, et chaque déclaration des leaders syndicaux est accueillie par des salves d’applaudissements et parfois même des cris de protestation contre le ministère de l’Éducation.
Sous la présidence d’Aboubacar Soumah et de la secrétaire générale Kadiatou Bah, l’assemblée générale a pris des allures de mobilisation. « Nous avions l’habitude, sous les régimes précédents, que la rentrée scolaire se prépare avec l’intersyndicale et les associations de parents d’élèves. L’année dernière encore, nous étions conviés autour de la table. Pourquoi pas cette année ? », a lancé Kadiatou Bah d’une voix ferme, déclenchant des murmures d’indignation dans la salle.
Elle poursuit, le poing levé : « Nous avons découvert comme vous tous, sur les réseaux sociaux, que l’ouverture des classes est prévue pour le 15 septembre. C’est une humiliation pour nous, les acteurs de terrain ! » Ses propos sont immédiatement repris en chœur par des enseignants qui scandent : « Trop, c’est trop ! ».
Prenant la parole à son tour, Aboubacar Soumah, figure de proue du SLECG, hausse le ton : « Depuis l’avènement du CNRD, aucun mouvement de grève n’a secoué l’éducation, car nous avons toujours privilégié le dialogue. Mais aujourd’hui, nos droits sont piétinés. Le ministère veut nous reléguer au second plan. Nous ne l’accepterons pas ! » Un tonnerre d’applaudissements et des sifflets d’approbation secouent la salle. Certains enseignants se lèvent, mains en l’air, pour marquer leur soutien.
Au terme de la rencontre, l’intersyndicale a tranché : la date du 15 septembre est jugée « inapplicable », compte tenu de la catastrophe humanitaire récente, des intempéries et de la conjoncture économique. Dans un communiqué improvisé, les responsables syndicaux préviennent : « Une ouverture précipitée des classes, c’est une rentrée vouée à l’échec. Nous exigeons la concertation, pas l’imposition. »
Dehors, les chants de protestation continuent à résonner dans le quartier, preuve que la colère des enseignants ne se limitera pas à une simple déclaration.
Mamadi Bangoura






































