ÉDITORIAL —
À l’heure où les débats nationaux se perdent souvent dans des considérations politiciennes, il est des gestes silencieux, collectifs et puissants, qui méritent d’être salués. À Timbo, la clôture du 4e Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-4) sonne comme un acte de foi en l’avenir, un pacte entre citoyens et République.
Durant deux mois d’efforts soutenus — du 30 mai à fin juillet 2025 — les populations locales, les agents recenseurs et les formateurs ont travaillé main dans la main. Une communion rare dans une Guinée souvent fracturée. À Timbo, on ne s’est pas contenté de se faire compter. On a compris que se recenser, c’est exister aux yeux de l’État. C’est exiger, à terme, de l’eau potable, des routes, des écoles professionnelles. C’est sortir du flou statistique qui a trop longtemps servi de prétexte à l’inaction.
Les témoignages en disent long. Un vieil homme y voit déjà la promesse de l’électricité. D’autres espèrent que leurs enfants auront enfin accès à une formation professionnelle. Des espoirs simples, concrets, vitaux. Des rêves longtemps tus que ce recensement remet soudain à portée.
Il serait injuste de ne pas souligner la qualité de l’encadrement. Mohamed Fall et Alhassane Diallo, les formateurs, ont su transmettre bien plus qu’un savoir technique : une exigence de rigueur, un sens de l’engagement. La superviseure Aïssatou Baldé, émue et reconnaissante, a salué la générosité des habitants et le professionnalisme des équipes. Ces mots, loin des discours creux, résonnent comme le témoignage d’une mission accomplie dans la dignité.
Mais au-delà des louanges, l’enjeu est désormais ailleurs. Que fera l’État de ces données ? Serviront-elles à planifier, à investir, à réparer les fractures ? Ou seront-elles condamnées à dormir dans un tiroir, comme tant de promesses passées ? À Timbo, le recensement a suscité des attentes. Il a ravivé des espoirs. L’État ne peut, ne doit pas les trahir.
En 2035, lors du RGPH-5, il ne suffira plus de dire que tout s’est bien passé. Il faudra pouvoir montrer que tout ce qui a été compté a réellement compté.
Alpha Amadou Diallo




































