La viande rouge est en train de devenir un luxe à Conakry. Lentement, mais sûrement, les étals se vident, les boucheries ferment et les prix s’envolent. Une situation qui n’a plus rien d’anecdotique et qui révèle, une fois de plus, les fragilités structurelles de la filière élevage en Guinée. Face à cette crise silencieuse mais profonde, l’Union des Consommateurs de Guinée (UCG) a décidé de hausser le ton et d’interpeller directement le gouvernement.
Dans un communiqué rendu public récemment, l’UCG tire la sonnette d’alarme sur les pénuries répétées de viande bovine sur les marchés de la capitale. Le constat est sans appel : de nombreuses boucheries ont baissé rideau et la flambée des prix rend la viande rouge inaccessible pour une frange croissante de la population. Un aliment de base, autrefois présent sur les tables modestes, glisse désormais vers l’exception.
Au-delà de la simple hausse des prix, c’est tout un malaise social qui se dessine. La raréfaction de l’offre alimente une détresse économique chez les consommateurs et attise des tensions avec les autorités locales. À mesure que la viande disparaît des marchés, la colère, elle, gagne du terrain.
L’UCG pointe du doigt plusieurs causes à cette crise : l’insuffisance du cheptel local, une filière d’élevage fragilisée et surtout une spéculation jugée inquiétante. Autant de facteurs qui, combinés, transforment un problème sectoriel en véritable enjeu de sécurité alimentaire. Pour l’organisation, l’absence de réponses coordonnées ne fait qu’aggraver une situation déjà précaire.
Face à ce tableau sombre, l’appel lancé au ministère de l’Élevage se veut pressant. L’UCG réclame des mesures urgentes pour corriger les dysfonctionnements dans la production et la distribution de la viande. Soutenir les éleveurs locaux, garantir un approvisionnement régulier des marchés et encadrer les prix ne relèvent plus de la simple option politique, mais de l’urgence sociale.
Car derrière la crise de la viande, c’est une question plus large qui se pose : combien de temps encore les consommateurs guinéens devront-ils payer le prix de l’inaction et des déséquilibres structurels ? À défaut d’une réponse rapide et efficace, la viande rouge risque de devenir le symbole d’un pouvoir d’achat en berne et d’une filière abandonnée à elle-même.
Aziz Camara





































