En politique comme en économie, il existe des gestes qui dépassent le simple cadre symbolique. À Kindia, ce week-end, la ministre de l’Agriculture, Mariama Ciré Sylla, a posé l’un de ces actes forts : la remise d’un chèque de 13 milliards de francs guinéens à la Fédération des planteurs de fruits de la Basse-Guinée. Plus qu’un soutien financier, c’est une vision qui s’affirme : celle d’une Guinée qui croit en sa terre, en ses producteurs, et en son potentiel d’exportation.
Ce prêt sans intérêt, octroyé via le Fonds de développement agricole (FODA), est un pari sur l’avenir. En ciblant la filière ananas — jadis fierté nationale et aujourd’hui en quête de renaissance —, Mme Sylla démontre que l’agriculture peut redevenir un pilier économique de premier plan. À travers l’exploitation de 250 hectares dans un premier temps, l’objectif est clair : bâtir une filière compétitive, capable de rivaliser sur les marchés internationaux tout en renforçant la sécurité alimentaire nationale.
Les producteurs, par la voix de leur président Moussa Camara, n’ont pas manqué d’exprimer leur enthousiasme et leur sens des responsabilités. L’ambition est posée : atteindre 4 000 hectares à terme, avec une discipline collective qui repose sur un principe simple mais essentiel – réussir, c’est rembourser. Ce cercle vertueux entre État et producteurs est précisément ce qui manquait pour transformer les intentions politiques en résultats concrets.
En apportant ce souffle nouveau, la ministre Mariama Ciré Sylla confirme son engagement à replacer l’agriculture au cœur du développement guinéen. À ses côtés, le ministre des Finances, Mourana Soumah, a rappelé une vérité souvent occultée : « L’agriculture est plus valorisante que les mines ». Une déclaration qui prend tout son sens à l’heure où la Guinée cherche à diversifier son économie et à offrir des perspectives réelles à sa jeunesse.
Ce qui s’est joué à la Place des Martyrs de Kindia dépasse la remise d’un simple chèque. C’est un contrat de confiance entre l’État et ses producteurs, une promesse faite à la Guinée rurale, et une stratégie qui pourrait bien tracer la voie d’une véritable souveraineté agricole.
Amadou Diallo




































