À l’approche de la présidentielle du 28 décembre, Ibrahima Abé Sylla choisit de planter le décor là où la Guinée a toujours puisé sa survie, mais rarement sa prospérité : l’agriculture. Pour le candidat de la Nouvelle génération pour la République (NGR), la terre n’est plus un simple moyen de subsistance, elle doit devenir le socle d’un véritable projet de société.
Le discours tranche avec les promesses classiques. Abé Sylla met en avant ce que la Guinée possède en abondance mais exploite mal : l’eau. Barrages, retenues hydrauliques, irrigation maîtrisée… le candidat promet d’en finir avec le paradoxe d’un pays arrosé mais dépendant des pluies. Une vision qui, sur le papier, vise à libérer les agriculteurs de l’aléa climatique et à installer une production continue.
Au cœur de cette ambition, des cultures dites stratégiques. L’alfalfa pour revitaliser l’élevage, le blé pour réduire une dépendance chronique aux importations, le maïs et le soja pour nourrir hommes et bétail, sans oublier la consolidation des filières banane et ananas. L’objectif est clair : produire plus, produire mieux et, surtout, produire utile.
Mais Abé Sylla ne s’arrête pas aux semences. Son pari repose aussi sur la mécanisation, l’électricité rurale et la transformation locale. Produire plusieurs fois par an, créer de la valeur sur place et offrir des emplois durables : la promesse est séduisante. L’attention annoncée aux femmes rurales, piliers silencieux du monde agricole, vient renforcer ce narratif d’inclusion et de justice économique.
Reste l’épreuve décisive : celle de la faisabilité et de la mise en œuvre. L’agriculture a souvent servi de slogan politique en Guinée, rarement de priorité réelle. En plaçant la terre au centre de son projet présidentiel, Ibrahima Abé Sylla engage plus qu’un programme : il pose un choix de société. Aux électeurs, désormais, de décider si cette promesse enracinée mérite de germer.
Abdoul Chaolis Diallo






































