Chronique
Un terrain peut être en herbe ou en béton, un stade ou une salle de classe transformée en bureau de vote. Ce dimanche 28 décembre 2025, à Yattaya, la démocratie guinéenne s’est jouée sans cris ni cartons rouges, dans le calme d’un matin électoral. Aux environs de 11 heures, Mamadou Antonio Souaré, président du Conseil d’administration du groupe SAMGBM et propriétaire du Horoya Athletic Club de Matam, est venu accomplir son devoir civique à l’école André Malraux, accompagné de son épouse et de son fils Soufiane Souaré, président du Horoya AC.
Figure majeure du football africain, habituée aux pelouses, aux tribunes en liesse et aux grands rendez-vous continentaux, Mamadou Antonio Souaré a, le temps d’un vote, troqué l’univers du ballon rond pour celui des urnes. Un geste simple, mais chargé de symboles, dans un contexte électoral décisif pour l’avenir de la Guinée.
Autour de lui, la famille, quelques proches, et surtout une atmosphère de sérénité. Comme un match bien arbitré, sans faute ni contestation. À sa sortie du bureau de vote, le patron du Horoya a livré un message qui résonne comme un discours d’avant-match… mais pour la nation entière. Un appel à la paix, à l’unité et au fair-play citoyen.
« Grâce à Dieu, ma famille et moi venons d’accomplir notre devoir civique dans la paix, dans l’allégresse et dans la quiétude », confie-t-il, avant d’élargir le terrain à toute la Guinée. Son souhait : que le pays traverse ce scrutin comme un beau match, sans violences, dans le respect des règles et de l’adversaire. Mieux encore, il appelle au pardon. À tourner la page des fautes passées pour construire l’avenir. « Il faut regarder le futur, celui de la Guinée, de nos enfants et de nos petits-enfants », insiste-t-il.
Dans ses mots, on retrouve l’esprit du football qu’il incarne depuis des décennies : la compétition n’exclut pas le respect, la victoire n’a de sens que si le jeu est beau, et aucun trophée ne vaut la paix dans les tribunes. Pour Mamadou Antonio Souaré, le futur président devra être « le président de tous les Guinéens », comme un sélectionneur au service de toute l’équipe nationale, au-delà des clubs et des rivalités.
Son message, profondément rassembleur, sonne comme une leçon tirée des stades : sans unité, pas de victoire durable. En liant démocratie et réconciliation, ballon rond et paix sociale, le dirigeant sportif rappelle que la Guinée, comme une grande équipe, ne peut avancer qu’en jouant collectif.
En ce 28 décembre, à Yattaya, le football n’a pas marqué de but. Mais la paix, elle, a gagné quelques précieux points.
Barry Arbaba






































