Il fallait du courage politique pour le dire, et surtout pour l’assumer. Face aux critiques et aux incompréhensions, le président de la République, Mamadi Doumbouya, a choisi la parole claire plutôt que le silence commode. Dans un message publié sur sa page Facebook officielle, le chef de l’État a tenu à lever toute équivoque sur les opérations de libération des routes et des abords des marchés, souvent interprétées à tort comme des mesures brutales ou punitives.
« Je m’adresse à vous avec respect et responsabilité », a-t-il déclaré d’emblée, donnant le ton d’une démarche fondée non sur la coercition aveugle, mais sur le devoir de protection. Car, insiste le président, ces opérations ne constituent ni une sanction, ni un manque de considération envers le courage et le labeur quotidien des femmes et des hommes concernés. Elles répondent avant tout à des impératifs supérieurs : la sécurité, la santé publique et la sauvegarde de la vie humaine.
Vivre ou commercer au bord des routes n’est pas un détail anodin. Mamadi Doumbouya rappelle une réalité souvent banalisée : les accidents de la circulation, la pollution permanente, les maladies respiratoires, l’insalubrité alimentaire. Autant de menaces silencieuses qui frappent en premier lieu les plus vulnérables femmes et enfants. « Aucune nation ne peut se développer durablement si ses routes deviennent des marchés improvisés et si la vie humaine y est constamment menacée », tranche-t-il avec gravité.
Conscient de la sensibilité sociale de ces décisions, le chef de l’État ne nie pas leur caractère difficile. Mais il les assume pleinement, au nom de l’intérêt général. L’objectif est clair : bâtir une Guinée plus sûre, plus propre et mieux organisée, où les activités économiques se font dans la dignité, et où les enfants grandissent dans un environnement sain.
Loin de se limiter à l’autorité, le président ouvre aussi la voie à des solutions. Il assure que l’État, en lien avec les collectivités locales, travaille activement à l’identification d’espaces adaptés, structurés et sécurisés, afin de permettre la poursuite des activités commerciales dans le respect de la loi et de la dignité humaine.
Enfin, Mamadi Doumbouya en appelle à l’esprit de responsabilité collective. Il invite les populations à la confiance et à la patience, rappelant que certaines réformes exigent des sacrifices temporaires pour des bénéfices durables. « Le sacrifice et la discipline d’aujourd’hui sont la protection de demain. Pour nos enfants. Pour notre santé. Pour la Guinée. »
Un message ferme, mais humain. Une décision impopulaire pour certains, mais assumée pour tous. Et, surtout, un signal clair : gouverner, c’est parfois déranger, mais toujours pour protéger.
Amadou Diallo





































