La nuit devait être paisible à Sangoyah Textile. Elle s’est transformée en brasier.
Au petit matin du samedi 7 février, le quartier Fassia 1, Carré Forage, dans la commune de Matoto, s’est réveillé meurtri, pétrifié par un drame d’une cruauté insoutenable : cinq membres d’une même famille ont péri dans un incendie nocturne, engloutis par les flammes alors qu’ils dormaient.
Ismaël Keita, commerçant, son épouse Hassanatou Keita et leurs trois enfants, Aminata (15 ans), Mohamed Lamine (7 ans) et Daouda (5 ans) ont été surpris par le feu aux environs de 2 heures du matin. Pris au piège, sans issue, sans secours immédiat, ils n’ont laissé derrière eux que des cris étouffés par la fumée et des voisins impuissants.
Les témoignages glaçants racontent la rapidité avec laquelle les flammes ont dévoré la maison. Une propagation fulgurante, typique de ces incendies nocturnes qui, trop souvent, trouvent leur origine dans des installations électriques défectueuses, des branchements anarchiques ou des appareils laissés sous tension.
La scène est encore gravée dans la mémoire de M’mahawa Sylla, voisine directe : un père de famille brisant les vitres, appelant à l’aide, tentant l’impossible pour sauver les siens. En vain. La solidarité du voisinage, aussi courageuse soit-elle, n’a pas suffi face à la violence du feu. Les sapeurs-pompiers, alertés, sont arrivés trop tard.
Aujourd’hui, les corps reposent à la mosquée du quartier. Le silence a remplacé les cris. Et une question lancinante demeure : combien de drames faudra-t-il encore pour que la vigilance devienne une règle collective ?
À Conakry et dans ses environs, les incendies se multiplient, surtout la nuit, surtout en saison sèche. Derrière chaque tragédie, un même soupçon revient : le courant électrique mal utilisé. Multiprises surchargées, fils dénudés, branchements clandestins, appareils laissés branchés pendant le sommeil… Autant de bombes invisibles dans nos maisons.
Citoyens, la prudence n’est plus un conseil, c’est une urgence.
Avant de dormir, éteignons les appareils inutiles. Évitons les branchements improvisés. Faisons vérifier nos installations par des électriciens qualifiés. N’utilisons pas de matériels défectueux. Un simple geste peut sauver une famille entière.
Le drame de Sangoyah n’est pas qu’un fait divers. C’est un avertissement.
Un avertissement brûlant, douloureux, irréversible.
Que ces vies perdues ne l’aient pas été en vain.
Abdoul Chaolis Diallo






































