CONAKRY – Le Bureau Guinéen des Droits d’Auteur (BGDA) tourne une page de son histoire. Exit les paiements en espèces, place désormais au numérique. À travers cette réforme, l’institution entend mettre fin aux pratiques opaques d’hier et ouvrir une ère de transparence et de modernité dans la redistribution des droits aux créateurs guinéens.
Mardi 26 août, à Conakry, le directeur général du BGDA, Moussa Fofana, a présenté le nouveau système de rémunération des ayants droit : virement bancaire ou mobile money (Orange Money, Soutura, Kulu). « Nous avons instauré le principe du zéro cash. Chaque artiste doit désormais fournir des coordonnées bancaires ou un numéro sécurisé pour percevoir ses droits », a-t-il annoncé, insistant sur la volonté politique de rompre avec les pratiques archaïques.
Une réforme de fond
Cette modernisation couvre l’ensemble des droits collectés : exécution publique (bars, restaurants, maquis), communication au public, déambulation sonore, tonalités d’attente téléphonique, reproduction mécanique (CD, clés USB), droits numériques et de streaming, sans oublier les redevances issues de l’étranger. Une avancée qui place le BGDA dans la dynamique de bonne gouvernance prônée par l’État et conforme aux standards internationaux.
Le défi de la piraterie
Mais le chantier reste colossal. La piraterie, qualifiée de « fléau majeur » par Moussa Fofana, continue de freiner le développement du secteur culturel. Le BGDA appelle donc les auteurs, compositeurs et producteurs à déclarer leurs œuvres et à s’approprier ces nouveaux outils afin d’assurer une gestion saine et sécurisée de leurs revenus.
« Un changement de paradigme »
Présent à la conférence, le chef de cabinet du ministère de la Culture, Thierno Amidou Bah, a salué une réforme « ambitieuse et pragmatique », destinée à garantir une rémunération juste des créations artistiques et littéraires. « L’heure est au changement de paradigme, à la transparence, la responsabilité et la modernité », a-t-il martelé.
Aujourd’hui, plus de 5 700 auteurs guinéens – cinéastes, écrivains, dramaturges, peintres – sont concernés par ce virage numérique. Pour eux, l’avenir des droits d’auteur en Guinée se jouera désormais loin des liasses de billets, dans un système qui se veut plus équitable et surtout, plus digne.
Marliatou Sall






































