Il y a des relations diplomatiques qui relèvent du protocole, et d’autres qui s’inscrivent dans la durée, presque dans la mémoire des peuples. Entre la Guinée et l’Inde, c’est de cette seconde catégorie qu’il s’agit. Une amitié ancienne, née dans les combats partagés pour l’émancipation, ravivée aujourd’hui par une coopération tournée vers l’avenir.
Ce lundi 26 janvier, à l’occasion de la célébration de la fête nationale de l’Inde à Conakry, l’ambassadeur Sandeep Sood a tenu à rappeler cette évidence : l’Inde restera aux côtés de la Guinée pour accompagner son élan de développement. Une déclaration qui résonne comme un prolongement naturel d’une histoire commune, forgée dès les années des indépendances.
Lorsque l’Inde de Jawaharlal Nehru et la Guinée d’Ahmed Sékou Touré se retrouvaient dans le mouvement des Non-Alignés, c’était déjà autour d’une même vision du monde : souveraineté, dignité des peuples, coopération entre nations du Sud. Cette solidarité historique, loin de s’être dissipée avec le temps, continue de structurer la politique africaine de New Delhi.
Dans son allocution, le diplomate indien a rappelé les fondements de cette approche. L’Inde, a-t-il souligné, a toujours été une amie de l’Afrique, privilégiant une coopération Sud-Sud fondée sur le renforcement des capacités, le développement des infrastructures, le commerce, la sécurité et une meilleure représentation africaine dans les instances internationales. Une philosophie constante, fidèle à l’esprit des pionniers de l’indépendance.
Cette vision s’est traduite récemment par un acte fort : la proposition, portée par l’Inde, d’intégrer l’Union africaine au G20 lors du sommet de New Delhi. Un geste hautement symbolique, mais surtout politique, qui consacre l’Afrique comme un acteur à part entière de la gouvernance mondiale.
Citant le Premier ministre Narendra Modi, l’ambassadeur Sood a insisté sur un point essentiel : l’aide au développement indienne ne repose pas sur le principe du donnant-donnant. Elle est guidée par les besoins réels des pays partenaires, dans une logique de respect, de partenariat durable et de transfert de compétences.
Au cœur de cette coopération, le renforcement des capacités occupe une place centrale. Le Programme indien de coopération technique et économique (ITEC) en est l’illustration la plus aboutie. Lancé par le ministère indien des Affaires étrangères, ce dispositif a déjà permis de former plus de 200 000 fonctionnaires issus de plus de 160 pays à travers près de 400 formations annuelles dispensées dans des instituts de renom en Inde.
La Guinée n’est pas en marge de cette dynamique. Quarante places lui sont réservées chaque année dans le cadre de l’ITEC, avec la possibilité d’augmenter ce quota selon les besoins. En 2025, quinze diplomates guinéens ont déjà bénéficié de formations spécifiques, et vingt-cinq autres s’apprêtent à rejoindre l’Inde cette année pour renforcer leurs compétences.
En conclusion, l’ambassadeur Sandeep Sood a réaffirmé l’engagement clair de son pays : l’Inde n’est pas seulement un partenaire du développement, mais aussi un allié du savoir et des compétences. À l’heure où la Guinée se trouve à l’aube d’une nouvelle phase de progrès, New Delhi se dit fière de marcher aux côtés de la République, de ses dirigeants et de son peuple.
Dans un monde en recomposition, cette relation entre Conakry et New Delhi rappelle une vérité simple : certaines amitiés, nées de l’histoire, trouvent toujours les moyens de se réinventer pour servir l’avenir.
Marliatou Sall





































