Le Grand Conakry grandit à un rythme effréné. Sa population explose, son espace urbain s’étire, et avec lui les embouteillages, les nuisances et les contraintes quotidiennes. Face à cette réalité, le développement ne peut plus se contenter de discours. Il exige des actes structurants. La future route express 2×2 voies Kagbèlen–Kouriah s’inscrit précisément dans cette logique : celle d’un investissement pensé pour aujourd’hui, mais surtout pour demain.
Longue de 26,7 kilomètres, cette infrastructure n’est pas une simple voie de circulation supplémentaire. Elle est une réponse stratégique à l’asphyxie progressive de l’axe Km36–Coyah–Kouriah, devenu l’un des points noirs de la mobilité dans la périphérie de Conakry. En créant une seconde entrée et sortie du Grand Conakry sur la RN1 vers Kindia et l’intérieur du pays, l’État amorce un rééquilibrage longtemps attendu du trafic routier.
Le projet se distingue aussi par sa conception. Les deux transversales prévues Sanoyah–Kagbèlen (T12) et SODEFA–Kindiadi (T13) — élargissent son impact bien au-delà du tracé principal. Elles annoncent une nouvelle dynamique de circulation et d’urbanisation, capable de désengorger Coyah, de réduire les accidents, le bruit et les pertes de temps, tout en offrant une véritable voie de contournement aux usagers qui n’ont pas vocation à traverser la ville.
Mais Kagbèlen–Kouriah, c’est également une route tournée vers l’avenir urbain et environnemental. Son raccordement au futur centre d’enfouissement des déchets solides de Kouriah, appelé à remplacer celui du Concasseur, montre que l’infrastructure routière est ici pensée comme un levier global d’aménagement du territoire, et non comme un ouvrage isolé.
Enfin, ce chantier porte une dimension symbolique forte : celle de la capacité des entreprises guinéennes à relever de grands défis. Confier la réalisation intégrale du projet à des acteurs nationaux du BTP tels que GUITER SA, GUICOPRES et BEGEC, c’est affirmer une volonté de souveraineté technique et de valorisation du savoir-faire local.
Au fond, cette route pose une question essentielle : quel modèle de développement voulons-nous pour le Grand Conakry ? En choisissant d’investir dans des infrastructures modernes, structurantes et durables, les autorités envoient un signal clair. Kagbèlen–Kouriah n’est pas qu’un axe routier. C’est un pari sur la fluidité, la sécurité, l’urbanisme maîtrisé et le mieux-vivre collectif.
Encourager ce type de projets, les suivre avec exigence et esprit critique, c’est participer à la construction d’une Guinée plus fonctionnelle et plus équitable. Le développement n’est jamais une abstraction : il commence souvent par une route.
Saliou Keita avec Balla Moussa Konaté, Ingénieur des ponts et chaussées





































