À l’orée du Ramadan et du Carême, quand les tables se veulent plus sobres mais les besoins plus pressants, Mamadi Doumbouya a choisi d’interpeller frontalement les opérateurs économiques. Ce vendredi 6 février 2026, le chef de l’État a réuni le secteur privé avec un mot d’ordre limpide : faire des efforts immédiats pour freiner la cherté de la vie et soulager des populations étranglées par la hausse des prix.
Le message est autant social que politique. « Alléger le coût des produits de première nécessité », a martelé le président, conscient de la tension qui pèse sur le pouvoir d’achat des ménages. À l’approche de deux périodes de forte consommation et de spiritualité, l’État entend éviter que la foi ne se conjugue avec la faim.
Pour crédibiliser cet appel, le gouvernement avance ses propres gestes. Suppression des surestaries jusqu’au 31 mars 2026, ouverture du Port autonome de Conakry 24 heures sur 24 : des mesures présentées comme des leviers concrets pour fluidifier les importations, réduire les coûts logistiques et garantir un meilleur approvisionnement du marché. En clair, l’État dit avoir fait sa part et attend désormais la réciproque.
Mais au-delà de l’urgence conjoncturelle, Mamadi Doumbouya a replacé le débat sur un terrain plus structurel : celui de la production nationale. « Produire en Guinée et consommer guinéen » n’est plus un slogan, mais une orientation stratégique, appelée à réduire la dépendance aux importations, renforcer l’autosuffisance alimentaire et dynamiser l’économie locale. Une vision qui, si elle se concrétise, pourrait à terme desserrer l’étau des prix importés.
La rencontre a aussi servi de tribune aux opérateurs économiques, qui n’ont pas manqué de lister leurs préoccupations : multiplication des arrêtés conjoints, insuffisance des entrepôts de stockage, entraves diverses à la compétitivité des entreprises. Autant de freins qui, selon eux, alourdissent les coûts et se répercutent inévitablement sur les consommateurs.
Sur l’un des points les plus sensibles, le chef de l’État a tranché net. « Désormais, aucun arrêté conjoint ne sera signé sans l’aval du Président de la République », a-t-il décrété. Une décision forte, présentée comme un coup d’arrêt à la cacophonie administrative et un pas vers une gouvernance économique plus lisible.
À quelques semaines du Ramadan et du Carême, le pouvoir envoie donc un signal clair : la lutte contre la vie chère devient une priorité politique. Reste à voir si, au-delà des déclarations et des mesures annoncées, les prix suivront enfin la trajectoire attendue celle qui redonne un peu d’air au panier de la ménagère.
Sibé Fofana






































