Il y a des défaites qui sonnent comme des avertissements. Et d’autres qui résonnent comme des promesses. En prenant officiellement les rênes du FRONDEG à l’issue d’un congrès extraordinaire tenu ce dimanche à Lambagni, Abdoulaye Yero Baldé a choisi son camp : celui de la contre-offensive.
Dans un discours à la fois ferme et stratégique, le nouveau président du parti n’a pas esquivé l’ampleur de la tâche. « C’est avec humilité, mais aussi avec une farouche détermination, que j’endosse cette responsabilité », a-t-il lancé devant des militants galvanisés, conscients d’entrer dans une nouvelle phase de leur histoire politique.
Car au-delà des formules, c’est bien d’un repositionnement qu’il s’agit. Revenant sur la présidentielle de décembre 2025, Baldé a revendiqué une « victoire morale » : celle d’un parti désormais érigé en deuxième force politique du pays. Une progression qu’il attribue à une campagne bâtie sur l’espoir, la dignité et la participation citoyenne. Le message est clair : le FRONDEG n’a pas perdu, il a appris.
« Une bataille perdue n’est pas la guerre perdue », a-t-il martelé, transformant une défaite électorale en carburant politique. L’objectif est désormais affiché sans détour : convertir l’élan populaire en majorité parlementaire lors des prochaines législatives.
Mais l’ambition ne saurait prospérer sans ordre interne. Sur ce point, le ton s’est durci. Discipline, respect strict du règlement intérieur, exemplarité démocratique : pour Abdoulaye Yero Baldé, la crédibilité du parti passe d’abord par sa cohésion. « Je serai intraitable », a-t-il averti, signifiant que l’heure n’est plus aux rivalités intestines, mais à la consolidation.
L’appel à l’unité a d’ailleurs structuré l’ensemble de son intervention. La jeunesse pour son audace, les aînés pour leur sagesse, les femmes pour leur résilience : chaque composante est sommée de jouer sa partition. « Notre force, c’est la diversité de nos militants. Notre puissance, c’est notre cohésion », a-t-il résumé, en stratège soucieux de fédérer plutôt que de diviser.
Au fond, le nouveau président du FRONDEG pose les jalons d’une alternative qu’il veut crédible, éthique et rassembleuse. Le pari est clair : faire du parti non plus un simple challenger électoral, mais un acteur institutionnel capable de transformer ses idées en lois, et ses slogans en actions concrètes.
Reste à savoir si l’élan militant survivra à l’épreuve des urnes. Une chose est certaine : avec cette investiture, le FRONDEG entre dans une phase de reconquête. Et Abdoulaye Yero Baldé, lui, a déjà choisi son narratif : celui d’une guerre politique encore loin d’être terminée.
Fatimatou Diallo






































