Il est des moments où l’actualité cesse d’être un simple fait divers pour devenir une leçon. L’arrivée, ce mercredi 21 janvier 2026, de la dépouille mortelle de Claude Pivi à Nzérékoré appartient à cette catégorie d’événements qui imposent le silence, la méditation et l’humilité.
En provenance de Conakry, le corps du défunt a atterri à l’aéroport de Konia Aviation, escorté par un membre de la famille, le président des ressortissants de Macenta à Conakry et deux filles de Claude Pivi. À l’accueil, les autorités administratives régionales, dans un protocole sobre, presque grave, comme si chacun mesurait la portée de l’instant. Parmi les personnalités présentes figurait également un conseiller du Premier ministre chargé des questions de santé et d’hygiène publique, venu représenter le chef du gouvernement.
Mais au-delà des présences officielles et des formalités d’usage, une vérité s’impose, brutale et universelle : Dieu donne, et Dieu reprend. La mort ne négocie ni les titres, ni les fonctions, ni la notoriété. Elle balaie les hiérarchies humaines et renvoie chacun à l’essentiel. Ce que l’homme accumule sur cette terre pouvoir, richesses, honneurs peut, en un instant, être réduit à zéro s’il n’est pas fondé sur le service de Dieu ou accompli pour Sa cause.
Après les formalités, la dépouille a été transférée à l’hôpital régional de Nzérékoré, dans l’attente des obsèques prévues le vendredi 23 janvier 2026, au pont Diani. Parents, amis, connaissances et autorités s’y retrouveront pour un dernier hommage. Mais que reste-t-il, au fond, de tous les hommages lorsque l’âme a quitté le corps ? Rien, sinon le poids des actes posés avec sincérité et foi.
La disparition de Claude Pivi rappelle à chacun une évidence que l’on préfère souvent ignorer : tout ce qui n’est pas fait pour Dieu ou à cause de Dieu se multiplie, au final, par zéro. La mort, implacable comptable, fait les comptes sans complaisance. Elle nous rappelle que la vraie réussite ne se mesure pas au bruit que l’on fait de son vivant, mais à la trace morale et spirituelle que l’on laisse derrière soi.
En ce temps de deuil, Nzérékoré enterre un homme. Mais c’est surtout une leçon de vie et de fin de vie qui s’impose à tous.
Michel HABA






































