Dans la nuit du 31 décembre 2025, les forces de l’ordre, accompagnées du parquet spécial pour enfants, ont mené des opérations de contrôle dans plusieurs lieux de loisirs de Conakry. Le constat est alarmant : des mineurs ont été interpellés dans des espaces qui ne devraient, en aucun cas, être les leurs — boîtes de nuit, bars à chicha, lieux de débauche nocturne.
Au-delà des infractions relevées chez certains gérants, cette situation révèle une réalité plus grave et plus dérangeante : la démission progressive des parents face à leur responsabilité éducative.
À Lambanyi, trois établissements ont été contrôlés. Si l’un respectait les règles, les deux autres ont opposé résistance et désordre, allant jusqu’à entraver l’action des autorités. Une attitude symptomatique d’un mal plus profond : l’illusion selon laquelle l’éducation des enfants s’arrête au seuil du domicile. Or, comme l’a rappelé le procureur spécial près le tribunal pour enfants de Conakry, l’autorité parentale ne se délègue ni à la nuit ni à la rue.
« Ce ne sont pas les enfants qui sont dans nos viseurs, ce sont les parents », tranche Cé Avis Gamy. Une mise au point salutaire. Car ces mineurs ne se retrouvent pas par hasard dans ces lieux. Ils y sont souvent abandonnés par des adultes absents, laxistes ou résignés, qui confondent liberté et négligence.
Il est temps de le dire sans détour : l’État ne peut pas se substituer durablement aux parents. Aucune patrouille, aucun parquet, aucune loi ne remplacera la vigilance d’un père ou la fermeté d’une mère. Laisser un enfant errer dans la nuit, fréquenter des espaces inadaptés à son âge, c’est exposer son avenir à des risques graves violences, drogues, exploitation, dérives morales.
La responsabilité est collective, certes, mais elle commence dans les familles. Chacun doit avoir le courage de fixer des limites claires, de dire non, d’assumer l’impopularité parfois nécessaire à l’éducation. Comme le souligne le procureur, il existe des lieux où nos enfants ne doivent pas être.
À défaut, les parents devront répondre devant la loi. Et surtout, devant l’histoire, pour avoir laissé l’éducation de leurs enfants se dissoudre dans l’obscurité des nuits de Conakry.
Amadou Diallo






































