À la veille de la COP30 à Belém, le président brésilien Lula da Silva a lancé la Tropical Forest Forever Facility (TFFF), un fonds international visant à rémunérer les pays tropicaux qui protègent leurs forêts. Soutenu par plusieurs États (dont la France à hauteur de 500 millions d’euros sous conditions), le fonds espère lever 25 milliards de dollars pour générer des revenus financiers destinés à récompenser les « bons élèves » de la conservation.
Mais derrière l’ambition, le scepticisme domine. Des experts dénoncent un modèle économique fragile — emprunter à 5 % pour placer à 8 % — et craignent une finance climatique spéculative plutôt qu’un mécanisme durable. D’autres redoutent un « capitalisme vert » où les forêts deviennent des actifs monétisables plutôt que des biens communs à protéger.
Si le fonds symbolise une solidarité Sud-Sud inédite et un espoir pour les grands bassins tropicaux (Amazonie, Congo, Indonésie), son efficacité reste incertaine. Sans garde-fous contre la corruption, les projets polluants et l’opacité budgétaire, la TFFF risque de verdir la finance plus que la planète.
Source : Rfi






































