Accueillir la 6ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres du WASCAL n’est pas un simple exercice protocolaire pour la Guinée. C’est un signal. Un signal fort envoyé à l’Afrique de l’Ouest, et au-delà, que notre pays entend s’affirmer comme un acteur crédible dans la bataille pour le climat, mais aussi dans la production de savoirs qui fondent toute souveraineté véritable.
Pendant trop longtemps, la question climatique a été perçue chez nous comme une abstraction, un thème de conférence plus que de politique publique. Or, la sécheresse qui s’installe, les sols qui s’épuisent, les forêts qui disparaissent et les cultures qui vacillent rappellent chaque jour que le défi n’est plus théorique : il est vital.
C’est en ce sens que la voix du ministre Alpha Bacar Barry, président en exercice du Conseil des ministres du WASCAL, résonne avec justesse. En appelant à une recherche transdisciplinaire, à la mobilisation de ressources nouvelles et à la mise en synergie des universités et centres scientifiques de la sous-région, il rappelle une évidence trop souvent négligée : sans science, nous naviguons à vue.
La présence – même virtuelle – de l’Allemagne, partenaire fondateur et bailleur clé du WASCAL, souligne un paradoxe : l’Afrique reste l’une des premières victimes du dérèglement climatique, mais elle doit encore compter sur l’extérieur pour financer la connaissance censée la protéger. Certes, le soutien allemand est à saluer, mais il est temps que nos États traduisent leurs discours en budgets, et leurs engagements en priorités nationales.
Le Premier ministre Bah Oury l’a bien dit : « la souveraineté commence par le savoir ». À l’heure où l’avenir du Fouta-Djallon se joue, où la sécurité alimentaire de millions de paysans dépend d’anticipations scientifiques solides, la Guinée a une responsabilité particulière. Car accueillir le WASCAL, ce n’est pas seulement honorer une organisation internationale, c’est se mettre face à soi-même : voulons-nous être des spectateurs impuissants des bouleversements qui viennent, ou des bâtisseurs lucides d’un avenir durable ?
Le climat ne négocie pas, il impose. À nous, désormais, de décider si nous saurons lui opposer plus que des discours : une vraie stratégie de souveraineté scientifique et environnementale.
Alpha Amadou Diallo






































