Après la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro à la suite de frappes américaines, la CEDEAO a cru devoir rappeler un principe cardinal du droit international : le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États. Une sortie diplomatique solennelle, mais qui sonne creux pour une organisation dont la parole peine désormais à porter, y compris sur son propre continent.
Dans un communiqué, l’institution ouest-africaine dit avoir suivi avec « inquiétude » les récents développements au Venezuela, appelant la communauté internationale à se conformer à l’article 2, paragraphe 4, de la Charte des Nations unies. Sur le papier, la position est irréprochable. Dans la réalité géopolitique actuelle, elle apparaît surtout décalée, voire inaudible.
Car que peut réellement peser la CEDEAO face aux États-Unis, ce « géant américain » que beaucoup qualifient de « gendarmes du monde » ? La question mérite d’être posée, tant l’organisation régionale a vu sa crédibilité s’éroder au fil des crises, des coups d’État et des sanctions sélectives, souvent perçues comme incohérentes ou dictées par des intérêts extérieurs.
En reconnaissant le droit des États à lutter contre les crimes transnationaux, tout en appelant à la retenue et au dialogue inclusif, la CEDEAO s’aligne sur la déclaration de l’Union africaine du 3 janvier 2026. Là encore, l’intention est louable. Mais cette posture morale contraste avec son incapacité à imposer le dialogue et la stabilité dans son propre espace communautaire, où transitions politiques interminables, tensions sécuritaires et fractures diplomatiques se multiplient.
En exprimant sa solidarité avec le peuple vénézuélien et en exhortant au respect de l’indépendance du Venezuela, la CEDEAO semble surtout chercher une stature internationale qui lui échappe de plus en plus. À force de prêcher la souveraineté à des milliers de kilomètres, sans réussir à la défendre de manière crédible en Afrique de l’Ouest, l’organisation donne l’image d’une institution en quête de sens et de voix.
Dans un monde dominé par les rapports de force, les déclarations de principe ne suffisent plus. Tant que la CEDEAO n’aura pas réglé ses propres contradictions et restauré sa légitimité auprès des peuples ouest-africains, ses appels au respect du droit international, face aux grandes puissances, risquent de rester de simples mots… sans écho.
Algassimou L Diallo





































