Les objectifs changeants de Washington dans la guerre contre l’Iran suscitent de vives inquiétudes au sein des monarchies du Golfe, préoccupées avant tout par la stabilité régionale et les conséquences économiques d’un conflit prolongé.
Malgré les déclarations américaines évoquant une possible fin des hostilités, les pays du Golfe, qui se sont majoritairement opposés à cette guerre, peinent à entrevoir une issue claire. En cause : l’évolution constante des objectifs américains, allant de la neutralisation du programme nucléaire iranien à un éventuel changement de régime à Téhéran, en passant par la limitation de ses capacités balistiques.
« Nous ne savons pas quelle est la stratégie de sortie des États-Unis. À quel moment pourront-ils déclarer victoire ? », s’interroge Marwan AlBalooshi, chercheur à l’Emirates Policy Center.
Pour les monarchies pétrolières, l’enjeu principal reste la sécurité du détroit d’Ormuz, artère stratégique pour l’exportation des hydrocarbures, ainsi que la préservation d’un climat favorable aux investissements nécessaires à la diversification de leurs économies.
Face à l’incertitude, ces États redoutent également les conséquences d’une escalade militaire. Contrairement à l’Iran, capable d’absorber des pertes dans la durée, les pays du Golfe apparaissent plus vulnérables aux répercussions directes des attaques.
Ainsi, la prolongation des frappes iraniennes pourrait pousser ces pays à réagir militairement, au risque d’une escalade régionale qu’ils tentent précisément d’éviter depuis le début des tensions.
Dans ce contexte, l’absence de cap clair de Washington continue d’alimenter les doutes et les craintes dans une région déjà sous haute tension.
Avec la Rédaction



































