BREVE- L’armée bissau-guinéenne a annoncé, jeudi 27 novembre, avoir pris le contrôle total du pays et investi le général Horta N’Tam, jusqu’ici chef d’état-major de l’armée de terre, comme président de la transition pour un an. La cérémonie de prestation de serment, sobre et sous haute sécurité, s’est tenue au siège de l’état-major à Bissau.
Proche de l’ex-président Umaro Cissoko Embaló, toujours détenu par les militaires, Horta N’Tam devient le nouveau visage du pouvoir, adoubé par les trois corps de l’armée qui ont officialisé son installation.
Frontières rouvertes, arrestations en série
La situation reste tendue dans la capitale. Malgré la levée du couvre-feu, Bissau est quasiment déserte, commerces et médias indépendants à l’arrêt, tandis que la circulation reste limitée et que les communications, notamment internet, sont perturbées.
Plusieurs personnalités ont été arrêtées : l’opposant Domingos Simões Pereira, cinq magistrats et huit membres de l’opposition. Le candidat Fernando Diaz de Costa, lui, se dit caché mais en sécurité.
L’armée justifie sa prise de pouvoir par une prétendue menace de déstabilisation liée à des narcotrafiquants. Elle annonce également la réouverture des frontières.
Condamnations internationales
La Cédéao condamne « sans équivoque » un « coup d’État » et réaffirme sa politique de « tolérance zéro » face aux ruptures constitutionnelles. Le sort d’Embaló et des officiels arrêtés inquiète particulièrement l’organisation.
D’autres pays, comme le Ghana, dénoncent une atteinte grave à la volonté populaire. La Russie et l’ONU expriment leur préoccupation. Silence notable, en revanche, du Sénégal, voisin et acteur clé de la région.
La crise bissau-guinéenne s’enlise alors que l’annonce des résultats de la présidentielle, prévue jeudi, est désormais suspendue.
Algassimou L Diallo avec Rfi






































