Le Liban tente de rester à l’écart du conflit déclenché le 28 février entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Si les autorités appellent à la retenue, le Hezbollah hausse désormais le ton et promet de « faire face à l’agression » israélo-américaine après la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei.
À Beyrouth, silence officiel sur les frappes ayant coûté la vie au dirigeant iranien. Ni condoléances ni condamnations publiques. Le président Joseph Aoun a insisté sur la nécessité de préserver le pays « des catastrophes et des horreurs des conflits extérieurs », appelant à faire primer l’intérêt national.
Le Premier ministre Nawaf Salam a, lui, tenté de rassurer la population, affirmant que les stocks de denrées alimentaires, de médicaments et de carburant sont suffisants pour au moins deux mois, et invitant les Libanais à ne pas céder à la panique.
Dans un pays profondément divisé, la réaction varie selon les régions : émotion et tristesse dans les bastions chiites, indifférence ailleurs.
Le Hezbollah change de ton
Après une première réaction mesurée, le Hezbollah a durci sa position. Son chef, Naïm Qassem, a dénoncé l’« assassinat » du guide suprême et assuré que le mouvement « accomplira son devoir en faisant face à l’agression », promettant de ne pas quitter « le terrain de la résistance », quels que soient les sacrifices.
Jusqu’ici, le parti chiite s’était contenté d’exprimer sa « pleine solidarité » avec Téhéran, dénonçant une violation du droit international.
Un soutien iranien en suspens
La disparition d’Ali Khamenei constitue un choc pour le Hezbollah, dont il était le principal soutien spirituel, militaire et financier depuis près de quatre décennies. Sous sa direction, l’Iran a assuré au mouvement une aide massive, malgré les critiques internes à Téhéran.
Reste désormais à connaître l’identité et les orientations de son successeur. L’ampleur du soutien iranien au Hezbollah dans les mois à venir dépendra largement de ce choix stratégique.
avec la Rfi






































