Les signaux d’ouverture se multiplient entre l’Iran et les États-Unis, alors que la crainte d’une escalade militaire plane sur le Moyen-Orient. Les tractations diplomatiques se sont intensifiées ces derniers jours, avec l’appui actif de plusieurs puissances régionales mobilisées pour éviter un embrasement aux conséquences imprévisibles.
Dimanche 1er février, le président américain Donald Trump a dit espérer la conclusion d’un accord avec Téhéran. Une déclaration qui intervient dans un climat tendu, marqué par la mise en garde du guide suprême iranien, Ali Khamenei, contre le risque d’une « guerre régionale » si Washington mettait à exécution ses menaces d’intervention militaire.
Côté iranien, le ton se veut prudemment conciliant. Le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a estimé qu’un accord restait possible sur le dossier nucléaire. Dans un entretien accordé à la chaîne américaine CNN, il a évoqué « la possibilité d’une discussion » à condition que l’équipe américaine s’inscrive dans la ligne défendue par Donald Trump, à savoir « un accord juste et équitable garantissant que l’Iran ne détienne pas d’armes nucléaires ».
Dans les coulisses, la diplomatie s’emballe. Lundi 2 février au matin, le ministre iranien des Affaires étrangères s’est entretenu successivement avec ses homologues turc, saoudien et égyptien. Avec le Qatar, ces pays jouent un rôle clé de médiateurs entre Téhéran et Washington, tentant de désamorcer la crise et d’écarter le spectre d’une frappe américaine, rapporte notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi.
À Washington, Donald Trump a, lui aussi, fait un pas vers l’apaisement. « J’espère qu’on va trouver un accord », a-t-il déclaré à la presse, avant d’ajouter, dans un ton plus énigmatique : « Si nous n’avons pas d’accord, nous verrons si le guide suprême avait raison ou non. »
Ces déclarations ont eu un impact immédiat sur les marchés : les cours du pétrole ont chuté de plus de 3 % lundi lors des premiers échanges en Asie, signe que les investisseurs anticipent un recul du risque géopolitique.
Depuis le début du mouvement de contestation, sévèrement réprimé en janvier dans un Iran isolé du monde et privé d’internet, Donald Trump n’a cessé de multiplier les avertissements, tout en affirmant vouloir privilégier la voie de la négociation. Entre menaces et mains tendues, Washington et Téhéran avancent sur une ligne de crête, conscients qu’un faux pas pourrait précipiter la région dans une nouvelle crise majeure.
Rfi






































