Rencontrée ce lundi 22 décembre à Conakry, Aissatou Diallo, une jeune entrepreneure d’une trentaine d’années, fait figure de pionnière. Fondatrice de la start-up « Eco Crayon », lancée en octobre dernier, elle fabrique des crayons à partir de papiers journaux recyclés. Une initiative innovante, à la fois économique et écologique, présentée comme une première en Guinée.
Engagée dans la protection de l’environnement, Aissatou Diallo explique que l’idée est née d’un constat simple. « Dans nos bureaux et nos maisons, beaucoup de journaux finissent entassés dans un coin ou jetés derrière la cour. C’est non seulement une perte, mais aussi une source d’encombrement », souligne-t-elle. À cela s’ajoute, selon elle, la forte dépendance du pays aux fournitures scolaires importées.
Face à cette réalité, la jeune femme décide de constituer une équipe pour transformer ces déchets en crayons et en taille-crayons destinés à un usage quotidien par les enfants. « L’objectif est aussi de sensibiliser au recyclage des déchets afin de protéger la nature pour notre génération et celles à venir », explique-t-elle.
Aissatou Diallo confie avoir appris ce métier grâce aux réseaux sociaux. « À la fin de mes études, j’étais animée par le désir d’innover et de faire la différence. J’ai fait des recherches sur Internet pour apprendre à fabriquer des crayons à partir de papiers », raconte-t-elle.
Comme toute jeune entreprise, Eco Crayon fait face à plusieurs difficultés. « Au début, nous achetions les journaux, mais c’était compliqué financièrement. Notre local est exigu et le délestage de l’électricité complique également la production », déplore-t-elle.
Malgré ces obstacles, l’entrepreneure se dit optimiste. Elle affirme gagner progressivement en expérience et en confiance. « C’est prometteur, surtout au regard des commandes que nous recevons », assure-t-elle.
Le processus de fabrication comprend plusieurs étapes, allant du découpage et de l’enroulement du papier à son polissage et à l’emballage final. Chaque semaine, Aissatou Diallo et son équipe produisent environ 2 000 crayons, distribués dans des points de vente situés à Dixinn, Lambanyi et à la Minière.
S’adressant aux parents d’élèves, la promotrice invite à privilégier les crayons « made in Guinea ». « Ils sont garantis et faciles à tailler », insiste-t-elle, avant de lancer un appel aux autorités. « Soutenir ce projet, c’est élever la Guinée », conclut-elle.
Marliatou Sall





































